Le Djihad islamique de Jénine (la branche la plus extrémiste de ce mouvement) a revendiqué l'attentat-suicide commis dans la nuit de lundi à mardi par Ahmed Yehyieh, l'un de ses kamikazes qui avait réussi à s'introduire dans le village agricole de Kfar Yabetz (nord-est de Tel-Aviv) et à se faire exploser dans le salon d'une maison occupée par une veuve âgée de 65 ans (deux morts dont le Palestinien, et quatre blessés légers).

Certes, comparée aux attentats précédents, cette opération est d'une ampleur limitée et Mohamad Al Hindi (le dirigeant du Djihad islamique basé à Gaza-City) a confirmé que son organisation veut poursuivre la houdna (trêve) conclue le 29 juin. Cependant, pour l'entourage d'Ariel Sharon, cet attentat rendrait le cessez-le-feu «inutile». Quant aux responsables des services de sécurité de l'Etat hébreu, ils affirment que «le nombre quotidien d'alertes recommence à augmenter de manière inquiétante» et que «les organisations terroristes profitent de l'accalmie pour stocker des armes dans l'attente d'une nouvelle explosion de violence».

L'optimisme a disparu

Les ponts ne sont cependant pas rompus entre l'Etat hébreu et l'Autorité palestinienne (AP), mais l'optimisme qui prévalait depuis dix jours a bel et bien disparu. En témoigne, l'annulation par Mahmoud Abbas d'une nouvelle rencontre au sommet avec Ariel Sharon prévue ce mercredi à Jérusalem. Selon son entourage, le premier ministre palestinien aurait pris cette décision «en raison d'une crise interne», mais la réalité est bien plus grave. En fait, la politique d'ouverture vers Israël instaurée par Mahmoud Abbas suscite de nombreuses critiques dans la rue palestinienne ainsi qu'au sein du Fatah (son parti et celui de Yasser Arafat). Lundi soir, le comité central de cette formation au sein duquel les partisans d'Arafat sont majoritaires a d'ailleurs vertement critiqué la «mollesse» d'Abbas à l'égard de Sharon. Il lui a également reproché son manque de réaction lorsque le gouvernement de l'Etat hébreu a annoncé qu'il ne libérerait pas les 6000 prisonniers palestiniens qu'il détient mais seulement 355 d'entre eux et selon un processus compliqué.

Sur la défensive, le premier ministre, dont le pouvoir ne tient plus qu'à un fil, a donc annulé le sommet de Jérusalem. Il a toutefois promis qu'il rencontrerait Sharon à une date ultérieure. Hier soir, il a démissionné du Comité central du Fatah, a indiqué mardi un haut responsable palestinien. Le comité a toutefois refusé à l'unanimité cette décision.