Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a refusé au cours des derniers mois les invitations du président américain Donald Trump à discuter du plan de paix américain pour le Moyen-Orient, ont indiqué lundi à l’AFP de hauts responsables palestiniens.

Donald Trump reçoit lundi son «ami» le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ainsi que le chef de l’opposition israélienne Benny Gantz, à Washington, où doit être présenté dans les prochaines heures le projet américain déjà jugé «historique» par Israël.

Annexion de la vallée du Jourdain

Ce plan comprend, selon les Palestiniens l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain, zone agricole et stratégique comptant pour environ 30% de la Cisjordanie occupée, et des colonies israéliennes en Cisjordanie, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d’Israël. Les Palestiniens ont rejeté ce plan et indiqué ne pas avoir été conviés à Washington.

Mais de hauts responsables palestiniens ont confirmé lundi à l’AFP que les Etats-Unis et leur président Donald Trump avaient bien tenté au cours des derniers mois d’entrer en contact avec Mahmoud Abbas, notamment via de tierces parties, mais que ce dernier avait refusé. «Il n’y aura pas de discussion avec les Américains tant qu’ils ne reconnaîtront pas la solution à deux Etats», soit un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël, a indiqué l’un de ces responsables requérant l’anonymat.

Les dirigeants palestiniens ont coupé tout contact formel avec la Maison-Blanche depuis que Donald Trump a reconnu en décembre 2017 Jérusalem comme la capitale d’Israël, alors que les Palestiniens espèrent faire de Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Réactions internationales incertaines

Hormis la réaffirmation d’un soutien aux résolutions passées de l’ONU, la réaction internationale au plan américain reste encore incertaine. L’Union européenne doit réaffirmer son soutien à la solution dite «à deux Etats», ont indiqué deux diplomates européens à l’AFP.

Le président français Emmanuel Macron avait à ce propos rencontré la semaine dernière le Premier ministre israélien à Jérusalem, et le président Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée. «Nous avons demandé à Macron ce qu’il allait faire concrètement si les Israéliens annexaient la vallée du Jourdain» à la suite de l’annonce du projet américain, a indiqué un second responsable palestinien requérant l’anonymat, mais au fait des discussions de la semaine dernière entre les présidents français et palestinien.

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