Le maire du grand port polonais de Gdansk, Pawel Adamowicz, a été grièvement blessé dans une attaque au couteau dimanche soir. Il était vivant à l'issue d'une opération de cinq heures, mais pas encore hors de danger.

«Son état est très, très grave» et «les prochaines heures seront décisives», a ajouté le chirurgien qui l'a opéré à l'hôpital universitaire de Gdansk. Pawel Adamowicz a subi une grave blessure au coeur et d'autres blessures au diaphragme et aux organes dans la cavité abdominale, a-t-il précisé. Le blessé a été transfusé avec 41 unités de sang.

Maire de Gdansk depuis 1998, Pawel Adamowicz, 53 ans, a été réanimé sur place avant d'être transporté en ambulance vers l'hôpital universitaire. «J'ai appris que les médecins avaient réussi à rétablir la fonction cardiaque. Il y a de l'espoir, son état reste sérieux», avait écrit sur Twitter le président polonais Andrzej Duda, peu après l'agression.

Un ancien prisonnier en colère, selon les médias

L'attaque s'est déroulée peu avant 20 heures devant quelques centaines de personnes, sur un podium dressé à l'occasion de l'acte final d'une action caritative nationale destinée à recueillir des fonds pour une organisation finançant l'achat d'équipements pour des hôpitaux.

L'agresseur a été rapidement interpellé par les gardes de sécurité, puis emmené par la police. Il n'a pas opposé de résistance. Selon une porte-parole de la police de Gdansk, il s'agit d'un habitant de la ville âgé de 27 ans. Les médias indiquent que l'homme a purgé une peine de plus de cinq ans de prison pour quatre attaques à main armée contre des banques à Gdansk. Sa santé psychique se serait fortement dégradée lors de son séjour en prison, toujours selon les médias.

Un enregistrement vidéo de l'attaque, publié sur YouTube, montre l'assaillant faire irruption sur le podium. Après avoir attaqué le maire avec un grand couteau, il a gesticulé triomphalement en levant les bras et en agitant son arme, puis s'est emparé du micro affirmant avoir été jeté injustement en prison par le gouvernement centriste précédent de la plate-forme civique (PO), qui l'aurait «torturé». «C'est pourquoi Adamowicz meurt», a-t-il ajouté. La plate-forme civique avait appuyé la réélection de Pawel Adamowicz lors des municipales d'automne 2018.

Des messages de solidarité

Le président du Conseil européen Donald Tusk, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, le maire de Londres Sadiq Khan et les responsables politiques polonais ont exprimé leur solidarité avec Pawel Adamowicz. «L'attaque contre la vie et la santé du maire de Gdansk doit être fermement condamnée», a déclaré sur Twitter le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

«Malgré les différences d'opinion politique, je suis de façon inconditionnelle avec lui et ses proches, de même que, j'espère, tous nos compatriotes. Je prie pour sa santé et son rétablissement», a tweetté, quant à lui, le président Duda. Le ministre de l'intérieur Joachim Brudzinski a qualifié l'attaque «d'un acte de barbarie incompréhensible. (...) Toutes les circonstances doivent être éclaircies», a-t-il ajouté.

L'enquête ouverte par la police doit porter notamment sur un badge «médias», qui aurait permis à l'agresseur de pénétrer sur le podium. Elle devrait établir également si la sécurité de l'événement avait été organisée correctement par une société privée.

L'opinion publique en Pologne a été d'autant plus choquée que l'attaque s'est déroulée dans le contexte de la grande quête annuelle organisée depuis plusieurs années par «le grand orchestre de charité de Noël», une manifestation de solidarité nationale permettant d'apporter une aide financière conséquente aux hôpitaux.