Canada

Le maire de Montréal arrêté, la province de Québec gangrenée par la mafia italienne

Commotion à Montréal: le maire Michael Applebaum a été arrêté lundi matin et devait être entendu dans la journée par les enquêteurs de l’unité anti-corruption

Son arrestation et celle, simultanée, de deux autres personnes, s’inscrit dans l’enquête sur les multiples affaires de corruption qui secoue la grande ville québécoise depuis plus d’un an et qui a déjà entraîné la démission du maire précédent, Gérald Tremblay, en novembre. L’arrestation de M. Applebaum pourrait entraîner la mise sous tutelle du gouvernement provincial du Québec de la ville de Montréal.

Les investigations menées parallèlement par la commission d’enquête publique Charbonneau et par l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) de la police ont abouti depuis le début de l’année à de multiples révélations sur un système de corruption impliquant tant les responsables de la mairie que plusieurs entrepreneurs en bâtiment et la criminalité organisée. Le système consistait en appels d’offres truqués, les entrepreneurs reversant une partie de leurs honoraires élevés au parti du maire précédent et à la branche montréalaise de la mafia italienne qui surveillait le fonctionnement de ce stratagème.

M. Applebaum, premier maire anglophone de Montréal depuis plus de 100 ans, avait été élu après avoir démissionné du parti de M. Tremblay. Jusqu’à présent, seules des irrégularités mineures qu’il aurait commises en s’abstenant de déclarer des transactions immobilières avaient été évoquées dans les médias canadiens. Il est arrivé au siège de la Sûreté du Québec portant une veste noire sur une chemise blanche au col ouvert, affichant un léger sourire mais se refusant à toute déclaration.

Deux autres personnes ont été arrêtées en même temps que lui. Saulie Zajdel, arrivé menotté et cherchant à cacher son visage, est un ancien membre du conseil exécutif de la mairie jusqu’en 2001, conseiller d’arrondissement jusqu’en 2009 et candidat malheureux du Parti conservateur aux législatives de 2011 à Mont-Royal, un quartier huppé du nord de Montréal. Le troisième homme arrêté, selon une source proche de l’enquête, est un autre ancien fonctionnaire municipal, Jean-Yves Bisson, qui avait travaillé dans un arrondissement dont M. Applebaum avait été le maire pendant 10 ans.

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