Le Covid-19 se rapproche toujours plus de Donald Trump. Katie Miller, la porte-parole du vice-président, Mike Pence, et un militaire au service du chef d’Etat américain: au moins deux personnes qui travaillent à la Maison-Blanche ont récemment été testées positives au coronavirus. Résultat: depuis lundi, tous les collaborateurs de la West Wing doivent porter des masques, ainsi que les invités et les médias accrédités. Des membres de la task force Covid-19 ont décidé de se mettre en isolement pendant deux semaines. Mais ni Donald Trump ni Mike Pence ne veulent apparaître masqués.

Davantage de tests

Le message est confus et incohérent. Donald Trump balaie toutes les mesures de précaution de base le concernant, et joue en quelque sorte à la roulette russe. Il insiste sur le fait qu’il subit des tests de dépistage tous les jours. Sa priorité absolue étant de relancer les activités économiques du pays, il ne veut pas donner l’impression de céder à des inquiétudes. L’iconique Dr Anthony Fauci a fait savoir ce week-end qu’il avait l’intention de se mettre en quarantaine pour avoir été potentiellement en contact avec des personnes contaminées. Mais lundi, on apprend qu’il est prêt à venir à la Maison-Blanche «si sa présence est requise». Donald Trump ferait-il pression sur son entourage?

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La conférence de presse de lundi, dans les jardins de la Maison-Blanche, avait pour thème principal les tests de dépistage. Elle a surtout été un condensé d’inexactitudes. Donald Trump s’est efforcé d’enjoliver la situation à propos de l’évolution de la pandémie. Il a par ailleurs annoncé qu’un milliard de dollars serait versé aux 50 Etats pour augmenter leurs capacités en matière de tests et permettre qu’au moins 2% de leur population soit testée en mai. Un chiffre qui est en réalité de 11 millions, comme précisé plus tard, par un membre de la task force Covid-19.

Les journalistes masqués se sont surtout intéressés à la situation à la Maison-Blanche. Y compris au pseudo-confinement de Mike Pence, apparemment bien présent lundi. Donald Trump a répondu que tant lui que le vice-président ont été testés négativement la veille et le jour même. Mais il a concédé qu’il pourrait rester un peu à distance de Mike Pence, qui dirige par ailleurs la task force Covid-19, et en parler au téléphone, ce qui suggère qu’il serait quand même en quarantaine. Le plus grand flou demeure à ce sujet. La veille, une journaliste de Bloomberg avait annoncé que le vice-président s’isolait. La Maison-Blanche s’était empressée de démentir.

«Demandez à la Chine!»

Donald Trump a aussi affirmé que c’était à son initiative que les collaborateurs de la Maison-Blanche, eux aussi la plupart testés chaque jour, et ceux pénétrant dans l’enceinte, doivent porter des masques. Même son beau-fils et conseiller Jared Kushner est apparu masqué. Mais pour lui, toujours pas de masque. En évoquant les deux cas positifs détectés dans son entourage, il a nié que cela résultait d’un manque de précaution. «Je ne sais pas ce qu’il s’est passé: leurs tests étaient négatifs un jour et ils sont devenus positifs», a-t-il lâché, provoquant des haussements de sourcils parmi les journalistes.

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Donald Trump a ensuite abruptement interrompu sa conférence de presse alors qu’une journaliste de CBS d’origine chinoise venait de lui demander à quoi rimait cette «compétition mondiale» en matière de tests alors que de nombreux décès sont recensés chaque jour. «Demandez à la Chine!», lui a-t-il rétorqué avant de partir. Lundi, les Etats-Unis ont officiellement franchi la barre des 80 000 morts, dont un quart dans la seule ville de New York.

Kevin Hassett, un des conseillers économiques de Donald Trump, admettait ce week-end que travailler à la West Wing, cœur du pouvoir, pouvait «faire peur» dans le contexte actuel. «Quand je suis retourné travailler, je savais que je prenais des risques, qu’il serait plus sûr de rester à la maison que d’aller dans l’aile ouest qui, en dépit de tous les tests du monde et de la meilleure équipe médicale qui soit, reste un lieu où tout le monde est relativement entassé», a-t-il souligné sur CNN.

Même lors d’un récent déplacement dans un site de production de masques en Arizona, Donald Trump n’en portait pas. Quant à Mike Pence, il a carrément refusé d’en mettre un lors d’une visite dans un hôpital, malgré les règles en vigueur. Le seul endroit où ils apparaissent le visage couvert, c’est dans des caricatures.

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