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Le «majordome» de Teodorin Obiang était Suisse

Selon «Le Monde», l’assistant personnel du fils du président de Guinée équatoriale, accusé de détournement de fonds publics et de corruption, était un Suisse nommé Cédric B.

Il était l’assistant personnel, celui qui, dans l’ombre, veillait dans les moindres détails sur le train de vie fastueux de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, accusé de détournement de fonds publics et de corruption. Dans ce rôle de «majordome»: un certain Cédric B., de nationalité suisse, comme l’a révélé Le Monde, dimanche, sur son site internet.

En 2015 déjà, une enquête du Temps avait révélé les liens de Teodoro Nguema Obiang Mongue avec la Suisse dans le cadre de la procédure des «biens mal acquis» entamée en France. Elle avait notamment démontré que de l’argent guinéen avait transité à travers des sociétés écrans basées à Genève. En novembre 2016, dans le cadre d’une instruction pénale, le Ministère public genevois saisissait 11 voitures appartenant au fils du président guinéen.


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«Gendre idéal» aux allures de Robert Redford

Nous sommes début 2016. Une splendide croisière dans les Antilles se prépare. En coulisses, sur le yacht d’une valeur de 250 millions de dollars baptisé Ice, l’homme est aux petits soins. Ancien steward, Cédric B. est décrit par le quotidien français comme un «gendre idéal» aux allures de Robert Redford. Discret, mais efficace, ce passionné de cyclisme est surnommé «the butler» (le majordome) par l’équipage de 27 membres.

Le Suisse est chargé de tous les aspects pratiques de la vie de Teodorin Obiang. Lorsque Teodorin est lassé de son hélicoptère, un Eurocopter EC135, Cédric B. est chargé de débusquer un nouveau jouet. En février 2016, il se rend à Cascina Costa, près de Milan, pour négocier l’achat d’un nouvel engin, modèle biturbine, auprès du fabricant Leonardo. Plus grand, plus cher, l’AW169 peut voler avec dix personnes à son bord. Son prix: 11 millions de dollars.

Aucune photo sur les réseaux sociaux

A bord, l’homme de confiance est aussi celui qui assure la confidentialité des journées «entre le hammam et la piscine» et des nuits festives au son de Michael Jackson, dont Teodorin Obiang est friand. La politique est simple: les employés ne doivent pas partager de photos sur les réseaux sociaux. «Un faux pas et c’est le licenciement assuré, précise Le Monde. La gestion du personnel est confiée à la firme spécialisée Yachtzoo, à Monaco, tandis que les aspects légaux et financiers sont gérés par le cabinet Meyer Avocats, à Genève.» Fondée par Frédéric Meyer, l’étude est spécialisée dans le business de l’aviation et les superyachts.

Le majordome s’improvise également organisateur d’événements. Tandis que l’Ice mouille dans un port des Antilles, Cédric B. s’occupe de loger la ribambelle de fêtards que Teodorin convie comme bon lui semble à ses soirées privées. Il réserve des bungalows dans un palace local pour la journée et coordonne le transfert en hélicoptère à la nuit tombée.

Depuis l’entrée en scène des juges, le décor a changé et l’Ice s’est réfugié in extremis à Tanger, au Maroc. Alors que le procès des «biens mal acquis» démarre aujourd’hui au Tribunal correctionnel de Paris, Cédric B., lui, semble avoir disparu des radars. Contrairement à son ancien patron, il n’est a priori pas poursuivi.

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