Sur fond de manifestations, le président vénézuélien défie la procureure générale. «J'ai décidé de promouvoir le général Gustavo Gonzalez Lopez, chef du SEBIN (les services de renseignement), au poste de général en chef», a annoncé ce vendredi le socialiste Nicolas Maduro.

Le ministère public, dirigé par Luisa Ortega, seule voix critique dans le camps présidentiel, avait indiqué quelques heures plus tôt qu'il soupçonnait le général Gonzalez Lopez de «violations graves et systématiques» des droits de l'Homme lors de la répression des manifestations anti-Maduro qui secouent le Venezuela depuis trois mois et ont fait 85 morts.

Ministre de l'Intérieur et de la Justice jusqu'en août 2016, le général a été convoqué mardi pour être auditionné. Ce même jour, la procureure doit comparaître devant la cour suprême. L'audience doit décider si Luisa Ortega, accusé de «trahison» par le camp chaviste, peut être traduite en justice comme le demande le gouvernement. Mercredi dernier, elle a accusé Nicolas Maduro d'avoir imposé un «terrorisme d'Etat».

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450 enquêtes en cours

Le président a aussi apporté son soutien au général Antonio Benavides Torres, lui aussi accusé de violations des droits de l'Homme. Les soupçons qui pèsent contre ce militaire qui était à la tête de la Garde nationale jusqu'au 20 juin, sont liés à des abus présumés lors des manifestations. Le général Gonzalez Lopez, qui fait partie du premier cercle de Nicolas Maduro, est lui soupçonné de «perquisitions arbitraires, privations illégitimes de liberté» et de détention abusive, selon le ministère public.

Au moins 23 personnes ont été tuées par des policiers et des militaires, selon le ministère public. Le bureau de la procureure a lancé 450 enquêtes pour violations des droits de l'Homme dans le cadre de la répression des manifestations contre le président Maduro. Il assure avoir des preuves «d'usage excessif de la force avec emploi d'armes à feu non autorisées, de traitements cruels et de torture» infligée à des détenus.

L'Observatoire de la conflictualité sociale (OVCS) a comptabilisé 2 700 manifestations hostiles au président Maduro depuis le 1er avril. Routes bloquées, classes suspendues et pillages compliquent la vie des Vénézuéliens, déjà confrontés aux pénuries, à une inflation vertigineuse et à la criminalité. 157 pillages ou tentatives ont été recensés en avril et mai.

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