Des forces spéciales du Ministère russe de l’intérieur sont arrivées en renfort mardi à Moscou. Cette mesure est intervenue après une manifestation massive la veille contre la «farce électorale» des législatives remportées par le parti du premier ministre Vladimir Poutine.

Ces troupes spéciales «n’ont qu’un seul but: assurer la sécurité des citoyens» dans le cadre d’un régime «renforcé», a déclaré à l’agence Interfax le lieutenant-colonel Vassili Pantchenkov, après des informations sur l’arrivée de dizaines de camions militaires dans Moscou.

Plusieurs unités des forces spéciales, notamment de la division d’élite Dzerjinski de la région de Moscou, ont été mobilisées pour garantir l’ordre dans la capitale, a précisé un porte-parole de la police de Moscou.

Nouveau rassemblement

Malgré la mise en garde de la police de Moscou, un rassemblement non autorisé est prévu dans la capitale russe vers 17 h sur la place Trioumfalnaïa sous le slogan «Nous sommes contre Russie unie». Quelque 4700 personnes ont répondu à l’appel sur le réseau social russe VKontakte.ru. Une autre manifestation d’opposition est prévue à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays. La police de Moscou a prévenu qu’elle interpellerait les manifestants.

Mobilisation sans précédent

Lundi soir, une manifestation anti-Poutine, d’une ampleur sans précédent ces dernières années, a rassemblé sous une pluie battante 2000 personnes selon la police, et 10 000 selon les organisateurs. La mobilisation a été beaucoup plus forte que d’habitude, alors que les manifestations – souvent dispersées sans ménagement par la police – ne rassemblent depuis des années qu’un noyau de militants résolus.

«Russie sans Poutine», «Poutine doit aller en prison», ont scandé les manifestants, pour la plupart des jeunes mobilisés via les réseaux sociaux. Les manifestants ont voulu marcher vers la commission électorale pour dénoncer des fraudes et des pressions aux législatives et réclamer une «Russie sans Poutine».

Plusieurs centaines d’arrestations

Le rassemblement avait été autorisé par les autorités sur une place éloignée des centres du pouvoir russe, mais pas la marche vers la commission électorale. Plus de 300 manifestants ont alors été appréhendés par les forces de l’ordre, non loin de la place de la Loubianka, où se trouve le siège du FSB (ex-KGB) «pour s’être rebellés contre la police», a indiqué un porte-parole de la police, Arkadi Bachirov.

Environ 250 personnes, parmi lesquelles le blogueur anticorruption Alexeï Navalny et l’un des leaders du mouvement d’opposition Solidarnost, Ilia Iachine, étaient toujours en garde à vue mardi, a précisé une porte-parole de ce mouvement, Olga Chorina. «Ils risquent jusqu’à 15 jours de prison», a-t-elle dit. A Saint-Pétersbourg, une centaine d’opposants dénonçant les infractions au scrutin ont également été interpellés lors d’une manifestation non autorisée lundi.

Les élections remportées dimanche par Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, dont le score a toutefois chuté de 15 points par rapport au scrutin précédent en 2007, ont été marquées par de nombreuses irrégularités, selon l’opposition et les observateurs étrangers.