Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est attaché mercredi à insuffler une bonne dose d’optimisme aux militants de son Parti conservateur réunis en congrès, promettant une économie au beau fixe, malgré les crises actuelles.

Faisant fi des pénuries qui frappent le Royaume-Uni en raison d’un manque de main-d’œuvre, Boris Johnson a promis de tirer les salaires et la productivité vers le haut dans un discours passionné, ponctué comme à son habitude de plaisanteries et de jeux de mots destinés à remonter le moral des troupes.

Le pays se dirige «vers une économie à salaires élevés, compétences élevées, productivité élevée et, oui, à faible fiscalité», leur a-t-il fait miroiter.

«Reconstruire en mieux»

En politique étrangère, il s’est félicité des «libertés» acquises grâce au Brexit, avançant que cela a permis au pays de renforcer ses règles en matière d’immigration et de nouer des accords commerciaux, par exemple avec les Etats-Unis que le gouvernement a «persuadé d’importer du bœuf britannique», après des décennies de refus.

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Malgré ce discours confiant, le premier en personne depuis deux ans devant ses troupes au congrès de son parti, le pays est confronté actuellement à un manque de main-d’œuvre, des employés d’abattoirs aux chauffeurs routiers, qui sème le doute face au slogan martelé par le dirigeant conservateur de 57 ans de «reconstruire en mieux» après la pandémie et le Brexit.

Lors de la grand-messe des conservateurs à Manchester (nord-ouest), Boris Johnson a mis en avant l’action de son gouvernement, assurant avoir pris en main les «problèmes auxquels aucun gouvernement n’a eu les tripes de s’attaquer auparavant».

Thatcher citée

Défendant une hausse critiquée des prélèvements sociaux pour remettre d’aplomb un système de santé à bout de souffle à cause de la pandémie, Boris Johnson a cité l’ancienne première ministre Margaret Thatcher, qui reste un modèle pour nombre de conservateurs.

«Je peux vous dire que Margaret Thatcher n’aurait pas ignoré la météorite qui vient de s’écraser sur les finances publiques», a-t-il déclaré. «Elle aurait agité le doigt et aurait dit: «Davantage d’emprunts maintenant, c’est juste des taux d’intérêt plus élevés, et encore plus d’impôts plus tard».

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Il a aussi défendu son choix de durcir les règles d’immigration après le Brexit, affirmant tourner le dos à un «vieux système cassé» reposant sur «de bas salaires, une faible croissance, de faibles qualifications et une faible productivité, le tout rendu possible et facilité par une immigration incontrôlée».

L’opposition travailliste, par la voix de la présidente du Labour Anneliese Dodds, l’accuse de «ne pas voir la crise qui le regarde en face».

Changement climatique survolé

Parmi les militants conservateurs réunis à Manchester, Charles Boote, 82 ans, s’est félicité de cette volonté de «tirer vers le haut» le pays et de «dire au secteur privé qu’il ne peut se reposer de manière indéfinie sur des travailleurs étrangers bon marché». «Nous avons besoin de cet enthousiasme après le Covid, nous avons pris beaucoup de coups», a aussi dit à l’AFP Jacqueline Hampson, 50 ans.

En matière d’immigration, le gouvernement de Boris Johnson a cependant dû assouplir au moins temporairement sa ligne, un des engagements du Brexit pour lequel il a tant milité, en accordant 10 500 visas de travail temporaires pour venir à la rescousse de secteurs comme le transport ou l’élevage de volailles.

Si l’économie était en premier plan de ce discours, le sujet de la lutte contre le changement climatique a en revanche été survolé, à moins d’un mois de la COP26 sur le climat organisée à Glasgow (Ecosse) que Boris Johnson a pourtant qualifié de «sommet de notre génération».

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Son gouvernement a fixé à 2035 l’objectif d’une production d’électricité décarbonée, ajoutant selon Boris Johnson aux vertus environnementales l’avantage de ne plus dépendre des hydrocarbures venant de l’étranger, en pleine flambée des prix du gaz. Mais depuis l’ouverture du congrès conservateur dimanche, le climat est le grand absent des discours de ses ministres. Un «mauvais signal» avant la COP26, selon Rebecca Newsom, de Greenpeace UK.

Si le sujet a été évoqué mardi par la ministre de l’Intérieur Priti Patel, c’est pour promettre un durcissement de l’arsenal policier et judiciaire contre les militants écologistes qui bloquent régulièrement des axes routiers ces dernières semaines. Des militants que l’optimiste Boris Johnson a qualifié de «grincheux irresponsables».