Est-il inconscient, obstiné ou simplement résolu? Après un début d'année difficile, marqué par l'abandon du contrat première embauche et l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin veut encore croire en sa bonne étoile. Malgré des sondages catastrophiques - seul 20% de la population dit lui faire confiance - le premier ministre s'est projeté jeudi jusqu'à la présidentielle de 2007, en assurant vouloir «dans un an, présenter aux Français un modèle social rénové».

Lors d'une conférence de presse organisée à Chartres pour le premier anniversaire de son arrivée à la tête du gouvernement, Dominique de Villepin s'est présenté comme l'homme qui a rétabli l'ordre dans les banlieues et qui a remis l'économie française sur le chemin de la croissance: «210000 chômeurs de moins en un an, un taux de chômage qui a baissé de près d'un point pour passer à 9,3% au mois d'avril, voilà quelle est la réalité des chiffres», a-t-il expliqué, sans s'appesantir sur le fait que la baisse du chômage est en partie due à des «emplois aidés» subventionnés par l'Etat.

La majorité de droite censée le soutenir semble d'ailleurs peu convaincue par son action. Mercredi, les élus de l'UMP, dirigée par son rival Nicolas Sarkozy, se sont même livrés à une forme de «mobbing» en scandant devant lui le nom de son ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, personnage populaire qui est parfois considéré comme l'un de ses possibles successeurs.