Les députés grecs ont adopté lundi un nouveau train de réformes exigées par les créanciers du pays. Le projet a été adopté en début de soirée par 154 oui contre 141 non et 5 absents, alors que plus de 6000 personnes ont manifesté dans la capitale lors de différentes manifestations contre les réformes au cours de la journée, a indiqué la police.

Certains manifestants ont jeté de la peinture et des pavés en direction de la police antiémeute qui protégeait le parlement. La police a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Aucune arrestation n’a eu lieu.

La grève de lundi, à laquelle appelaient de nombreux syndicats, a créé d’énormes embouteillages dans Athènes, avec la fermeture des transports publics. La grève des contrôleurs aériens a également perturbé les vols.

Tsipras rejette les critiques

La mesure la plus décriée consiste en un durcissement du droit de grève. Parmi la centaine d’autres mesures diverses contenues dans ce texte figure également la vente aux enchères en ligne forcée de biens, notamment immobiliers, appartenant à des débiteurs dont les créances ne semblent pas recouvrables.

Le premier ministre Alexis Tsipras, élu en 2015 sur le programme de gauche radicale de son parti Syriza, a rejeté fermement devant les députés les critiques émanant notamment des syndicats, selon lesquelles le gouvernement était prêt à limiter les grèves.

«C’est un mensonge éhonté [de dire] que ce gouvernement fait mettre en œuvre les exigences des créanciers et des patrons pour déréguler le marché du travail, s’est-il exclamé. Les grèves ne sont ni abolies ni menacées par ce gouvernement.»

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Ce train de mesures est voté dans la dernière ligne droite, espère Athènes, du troisième programme d’aide reçu par le pays depuis 2010. Lancé à l’été 2015 sous l’égide de l’Union européenne, mais pas du FMI, contrairement aux deux premiers, il court jusqu’au mois d’août. «Le vote d’aujourd’hui sera crucial pour accélérer la sortie du pays du plan de sauvetage dans sept mois», a déclaré Alexis Tsipras.

L’appel par ordre alphabétique des législateurs supprimé

La Grèce a connu une cinquantaine de grèves depuis 2010 à la suite des mesures d’austérité imposées par les créanciers en échange des plans de sauvetage de plusieurs centaines de milliards d’euros au total concédés par l’Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

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Après le vote de lundi, Athènes espère que les ministres des Finances européens approuveront le 22 janvier le versement d’au moins 4,5 milliards d’euros d’aide.

Le vote a également marqué la fin d’une pratique vieille de plusieurs décennies, les 300 législateurs, appelés un par un dans l’ordre alphabétique, devant dire oui ou non à l’appel de leur nom, une procédure qui prenait au moins une heure à chaque fois. Désormais, ils voteront simultanément par un système électronique.