L’essentiel

Un lundi en douceur en Suisse, avec la deuxième étape du déconfinement: les écoles ont rouvert, comme les restaurants, même si l’affluence n’a pas été au rendez-vous. Les CFF assurent désormais 90% de leur trafic habituel.

Le respect des mesures de protection cause une baisse de près de 30% des examens médicaux, traitements et consultations, estime la FMH.

L’OFSP a annoncé avoir enregistré 39 nouveaux cas de coronavirus hier, un chiffre qui continue de baisser. La Suisse compte aujourd’hui 30 344 cas confirmés en laboratoire et déplore 1833 décès, selon les chiffres des cantons.

La France, l’Italie ont aussi entamé un prudent déconfinement. L’Allemagne s’inquiète de voir arriver de nouveaux cas, 116 décès supplémentaires ont été enregistrés au cours des vingt-quatre dernières heures, quelques jours après le début du déconfinement; tandis que pour le deuxième jour consécutif, les Etats-Unis, pays le plus touché, ont connu moins de 900 morts. A Moscou, toujours confinée, le masque devient obligatoire à partir d’aujourd’hui, accompagné de gants, dans les transports publics.

Dans le monde, l’université Johns-Hopkins recense un total de 4,2 millions de cas et 287 000 décès mardi à 18h30.

Retrouvez les nouvelles d’hier, lundi


■ Royaume-Uni: des statistiques officielles montrent un bilan plus lourd que celui des autorités sanitaires

Le décompte du Bureau national des statistiques (ONS) est bien plus lourd que celui du ministère britannique de la Santé, au moment où s’amorce un déconfinement: 36 473 décès (hors non-résidents) portant la maladie comme cause suspectée sur le certificat de décès, alors que le ministère de la santé annonçait 32 692 morts plus tôt dans la journée.

La tendance hebdomadaire confirme la décrue générale observée depuis la mi-avril dans les bilans quotidiens, mais montre une tendance toujours difficile dans les maisons de retraite. Pour la seule Angleterre, plus de 8000 décès ont eu lieu dans ces établissements au 8 mai, selon les données collectées par l’ONS.

Le Bureau national des statistiques a aussi tenté de chiffrer la surmortalité engendrée par la pandémie: sur six semaines d’épidémie, il a comptabilisé un excédent de 50’000 décès par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Dans les maisons de retraite, la mortalité restait dans la dernière semaine d’avril plus de trois fois supérieure à la moyenne (+220%), contre une surmortalité de 40% dans les hôpitaux.


■ En Suisse, une baisse des contacts de 70% entre médecins et patients durant le confinement

«La mesure du Conseil fédéral visant à n’autoriser que les interventions et traitements urgents a engendré chez les médecins une baisse des contacts avec les patients de 70% en moyenne» durant le confinement, ce pourcentage «variant selon les disciplines et les régions», indique la Fédération des médecins suisses (FMH) dans un communiqué. Le respect des mesures de protection actuelles crée encore «une baisse artificielle de près de 30% des examens, traitements et consultations», estime la FMH.

Deux semaines après le premier assouplissement des mesures du Conseil fédéral, le 27 avril, «l’évolution du nombre de cas permet de visualiser les effets de ces assouplissements: les infections n’ont pas augmenté», relève la FMH.

L’organisation faîtière du corps médical appelle cependant la Confédération et les cantons à «garantir l’approvisionnement, en particulier lorsque les canaux de distribution habituels ne suffisent pas», en matériel de protection, médicaments et vaccins. «Il est temps de mettre l’accent sur la sécurité de l’approvisionnement et sur ce que les Anglo-Saxons appellent la preparedness (ndlr: ensemble de précautions pour faire face aux catastrophes potentielles) pour appréhender la prise en charge médicale.»


■ La Tunisie dans une impasse budgétaire

La Tunisie aura besoin de cinq milliards d’euros pour boucler son budget 2020, a estimé mardi le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, dont le pays pourrait connaître sa pire récession depuis son indépendance en 1956.

L’Union européenne (UE) a annoncé fin mars un don de 250 millions d’euros. Le Fonds monétaire international (FMI) a lui annoncé début avril un prêt d’urgence de 745 millions de dollars (685 millions d’euros), estimant que le PIB du pays pourrait connaître une contraction de 4,3% en 2020, la pire depuis 1956. «Cela peut être pire, tout dépend de la reprise mondiale», a souligné Elyes Fakhfakh.

La confinement a notamment effacé le rebond jusque là observé dans le tourisme – un secteur clé en Tunisie et affecté par une série d’attaques jihadistes – qui accuse d’importantes pertes sans perspective de reprise pour la saison estivale. La Tunisie a fermé ses écoles, lieux de culte et commerces non essentiels dès la mi-mars, alors que le pays comptait moins de 20 cas. Le travail a repris le 4 mai avec officiellement 50% des effectifs.


■ Londres prolonge de 4 mois les aides au maintien de l’emploi

Le chancelier de l’Echiquier britannique Rishi Sunak annonce ce mardi une prolongation pour quatre mois, jusqu’à fin octobre, du système de chômage partiel pris en charge par l’Etat pour limiter les pertes d’emplois liées aux retombées du coronavirus. Il a souligné que 7,5 millions de salariés avaient déjà bénéficié de la mesure de chômage partiel qui permet aux employés de toucher 80% de leur paie à hauteur de 2500 livres par mois.

Depuis le début de la pandémie et du confinement qui a mis à l’arrêt l’économie britannique à partir du 23 mars, 935 000 entreprises ont eu recours à l’aide du gouvernement pour maintenir les emplois, pour plus de 10 milliards de livres de demandes d’indemnisations, précise le Trésor.


■ Le porte-parole de Vladimir Poutine testé positif

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a annoncé ce mardi avoir été testé positif au nouveau coronavirus et recevoir actuellement des soins, à l’hôpital. Le dernier contact qu’il a eu avec Vladimir Poutine remonte à «il y a plus d’un mois».

Dmitri Peskov, très proche du président russe qu’il accompagne dans chacun de ses déplacements, n’a plus donné son habituel point presse quasi-quotidien depuis le 6 mai et n’a pas été vu récemment avec le président russe, qui a été lui régulièrement montré depuis début avril tenant des visio-conférences, depuis sa résidence de Novo-Ogarevo, près de Moscou.

Avant lui, le premier ministre russe Mikhaïl Michoustine ainsi que les ministres de la Construction et de la Culture, Vladimir Iakouchev et Olga Lioubimova, ont été contaminés par le Covid-19.

Avec 232 243 cas depuis le début de l’épidémie, dont 10 899 enregistrés au cours des dernières 24 heures, la Russie est aujourd’hui le deuxième pays au monde en nombre de contaminations. Rapporté au nombre des cas, celui des décès attribués officiellement au virus, 2116, demeure faible. Selon beaucoup d’experts, ce chiffre est très sous-estimé.


Un instantané:


■ Prendre soin des enfants comme on a pris soin des aînés, le message de XR à Yverdon-les-bains

«Si nos député.es ont tant de pouvoir pour gérer des crises sanitaires, pourquoi font-ils si peu pour l’urgence climatique qu’ils et elles ont pourtant reconnue? Pourquoi vouloir revenir à l’anormal?» est venue clamer une petite délégation du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) au Grand Conseil vaudois, réuni exceptionnellement ce mardi à la salle de la Marive à Yverdon-les-bains, de façon à respecter la distanciation physique. «Nous, les professionnels de la santé, considérons la crise climatique comme une pandémie, a complété l’infectiologue Blaise Genton, membre de Doctors4XR, tout le monde sera touché dans sa santé, sa vie.»


■ La Corée du Sud passe à l’utilisation des données téléphoniques

Les autorités annoncent utiliser les données des téléphones portables pour retrouver les personnes ayant fréquenté les boîtes de nuit de Séoul où est apparu un foyer de contamination.

Un nouveau foyer de contamination est apparu à Itaewon, un quartier de Séoul connu pour sa vie nocturne, et notamment dans plusieurs clubs fréquentés par la communauté homosexuelle. Dans ce pays très conservateur, la plupart des clients de ces établissements hésiteraient à se manifester auprès des autorités qui affirment garantir l’anonymat aux personnes se faisant dépister.

Vingt-sept nouveaux cas ont été recensés mardi en Corée du Sud, peuplée de 52 millions d’habitants, portant à 10 963 le nombre de personnes positives au coronavirus, selon les autorités.

Mardi midi, 102 cas étaient liés au foyer de contamination situé à Itaewon, un des quartiers branchés de Séoul, selon les Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), soit 16 de plus en 24 heures. La grande majorité d’entre-eux sont des hommes âgés de 20 à 30 ans.

La ville a obtenu une liste de 10 905 personnes qui ont fréquenté ce quartier grâce aux données des téléphones portables fournies par les opérateurs. Un SMS leur a été envoyé, les invitant à se faire tester, a-t-on précisé.

Près de 2000 autres personnes qui auraient fréquenté ces clubs étant injoignables, des milliers de policiers vont être déployés afin de les retrouver.


■ Effondrement des immatriculations en avril

La pandémie a décimé les ventes de voitures. En rythme annuel, les nouvelles immatriculations ont chuté de plus de moitié (-59%) à 16’312 unités. Les voitures de tourisme, la catégorie principale qui avait déjà accusé un repli de 39% en mars, a même connu en avril un recul de plus de 68% à 9033 véhicules, selon le dernier relevé publié mardi par l’Office fédéral de la statistique.


■ Le Royaume-Uni a franchi la barre des 38 000 morts début mai

C’est le Bureau national des statistiques (ONS) qui le dit ce mardi, repris par Reuters: 34’978 décès avaient été recensés au 1er mai en Angleterre et au Pays-de-Galles. Le bilan passe à 38 289 au 3 mai si on y ajoute les chiffres d’Ecosse et d’Irlande du Nord.


■ Quelques trains circulent de nouveau en Inde


■ A Lausanne, ce matin

 


■ Stabilité pour l’instant du nombre de bénéficiaires de l’aide sociale en Suisse, sauf à Genève

«Nous constatons actuellement que le nombre de personnes au bénéfice de l’aide sociale en mars se situe au même niveau ou juste au-dessus de la moyenne pour 2019 dans la grande majorité des cantons», a indiqué mardi à l’ATS le secrétaire général de la Conférence suisse des institutions de l’action sociale (CSIAS) Markus Kaufmann. Pour avril, les premières tendances pour avril n’indiquent pas de hausse significative du nombre de personnes recevant une aide, sauf à Genève, où 1700 nouvelles demandes d’aide sociale ont été déposées ces dernières semaines, contre une moyenne de 400 par mois.

Sur ce sujet, relire Files d’attente pour la nourriture: le visage des invisibles

Les mesures actuelles telles que le chômage partiel fonctionnent très bien. Par ailleurs, l’aide sociale ne peut être sollicitée que si les revenus sont inférieurs à 4000 francs. «Nous supposons que de nombreuses familles vivent maintenant sur leurs réserves», précise le secrétaire général. La situation pourrait changer au deuxième semestre, lorsqu’une frange de la population, notamment les indépendants, aura épuisé ses réserves.

Il cite l’exemple des travailleurs indépendants, très durement touchés. Ils ne pourront plus compter sur un soutien de l’Etat à la mi-mai. Nombre d’entre eux devraient pouvoir combler une perte de revenus pendant un ou deux mois au maximum. «Nous nous attendons donc à une augmentation significative à partir du milieu de l’année», conclut Markus Kaufmann.


■ Le Festival de Cannes aurait dû commencer aujourd’hui…

C’est la troisième fois de son histoire que l’événement est annulé – la première fois c’était à cause d’Hitler, en 1939; la seconde fois c’était dans la foulée de mai 1968, avec un certain Jean-Luc Godard parmi les perturbateurs. L’annulation est une catastrophe culturelle, le festival restant une rampe de lancement extraordinaire pour le cinéma. Et une catastrophe économique pour tout le secteur. La pluie était pourtant au rendez-vous ce matin sur la Croisette, comme tous les ans à l’ouverture…


■ L’Espagne mettra en quarantaine les voyageurs venant de l’étranger

L’information officielle est tombée vers 9h30. Tous les pays sont concernés, si on en croit l’article détaillé d’El Pais. Les vacances en Espagne s’éloignent encore un peu plus.

«Les voyageurs venant de l’étranger doivent être mis en quarantaine pendant 14 jours après leur arrivée en Espagne, selon un arrêté du ministère de la Santé publié ce mardi au Journal officiel de l’État (BOE), qui entrera en vigueur à partir de vendredi prochain. Toute personne venant d’un autre pays à son arrivée en Espagne doit rester dans sa maison ou son logement, et ne peut le quitter que dans certains cas comme l’achat de nourriture, de médicaments, ou les cas de force majeure, départs dans lesquels le port d’un masque sera obligatoire. En outre, le Ministère de l’intérieur a décrété le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures aériennes et maritimes et seuls les Espagnols, les résidents en Espagne, les travailleurs frontaliers, les diplomates et ceux qui peuvent prouver la force majeure seront autorisés à entrer.»



■ La gestion genevoise passée à la loupe du Grand Conseil

Le Grand Conseil a débattu lundi soir de la gestion de l’épidémie par le gouvernement. Entre le 11 mars et le 29 avril, l’exécutif a pris 37 arrêtés visant à protéger la population dans cette situation extraordinaire. Les 37 arrêtés ont été examinés par la commission législative, où seul l’UDC les a rejetés, selon le compte-rendu de l’ATS.

«On est toujours plus intelligent après», a relevé la députée PLR Céline Zuber-Roy, tout en déplorant le manque de matériel médical. Concernant l’Instruction publique, elle a regretté le manque d’harmonisation global de l’enseignement à distance et la suppression de toutes les évaluations. Au niveau des points positifs, elle a salué la bonne collaboration entre hôpitaux publics et privés.

«Le Conseil d’Etat a montré qu’il savait gérer une crise, malgré un début de législature pertubé», a constaté le PDC Jean-Marc Guinchard. Pour le Vert Jean Rossiaud, les décisions de l’exécutif ont été «globalement satisfaisantes. C’est l’état d’impréparation qui a généré l’incertitude.»

Du côté du MCG, Danièle Magnin a déploré la délocalisation de la production de gel hydroalcoolique et de masques. Elle a aussi critiqué la suppression des Conseils municipaux pendant cette période.

Pour le PS Cyril Mizrah, il s’agissait d’apporter un soutien critique: «L’urgence exigeait que le Conseil d’Etat agisse par voie d’arrêtés.» Mais il déplore que des projets de loi du gouvernement, portant sur des millions de francs, soient bientôt votés en urgence, sans être examinés en commission.

Seule l’UDC a refusé son blanc-seing au gouvrnement. «Le Conseil d’Etat a mal géré la crise et manqué de leadership», a déclaré André Pfeffer, rapporteur de minorité. Et de citer les concentrations de personnes à Genève Aéroport, alors que des restrictions avaient déjà été imposées. Ou encore le revirement du gouvernement par rapport à la suspension des chantiers. «Les partis gouvernementaux ne peuvent qu’approuver ces arrêtés», a-t-il conclu.



■ L’Allemagne inquiète

Angela Merkel a souligné hier qu’en cette «nouvelle phase de la pandémie», il était «très important» que les gens respectent les gestes barrières. Dans ce pays, souvent cité en exemple pour l’efficacité de sa gestion de la crise, le seuil critique de 50 nouvelles contaminations pour 100’000 habitants a été franchi dans trois circonscriptions. Cent seize décès supplémentaires ont été enregistrés au cours des vingt-quatre dernières heures, selon l’agence Reuters.



■ Journée des soins infirmiers

C’est aujourd’hui la journée mondiale des soins infirmiers, un événement lancé à l’origine par l’iconique Florence Nightingale, et qui prend une résonance particulière en pleine crise du coronavirus: dans les pays aux meilleurs systèmes de santé, environ dix pour cent des professionnels de la santé ont contracté le Covid-19 – un taux extrêmement élevé, et probablement en dessous de la réalité, soulignent le Conseil international des infirmières et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le chiffre est certainement bien plus haut dans les endroits où le système de santé est déjà mis à rude épreuve par les conflits ou un manque d’investissements.


■ Fêtards parisiens censurés

Des dizaines de jeunes ont voulu fêter hier le déconfinement et renouer avec le «monde d’avant» en se donnant rendez-vous notamment sur les bords de Seine, un grand classique parisien. Ces apéritifs improvisés ont déclenché les foudres de la préfecture de police, qui est intervenue et dans la foulée a interdit la consommation d’alcool au bord de la Seine et du Canal Saint- Martin jusqu’à nouvel ordre. «Face à l’irresponsabilité de certains comportements, j’ai demandé au @prefpolice d’interdire la consommation d’alcool le long du canal Saint-Martin et des voies sur berges» a expliqué dans la soirée le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner.