L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état de la mort vendredi de 20 civils - dont 13 dans les manifestations -, deux déserteurs et cinq soldats, alors que la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad ne s’essouffle pas.

Les observateurs chargés de surveiller la situation dans le cadre d’un plan de la Ligue arabe visant à mettre fin aux violences se sont rendus à Idleb (nord-ouest), Hama (nord), Homs (centre) et à Deraa (sud), selon l’OSDA. La télévision officielle a ajouté qu’un groupe est également allé à Douma, près de Damas.

A Deraa, berceau de la contestation, cinq civils ont péri lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles sur une manifestation, et à Hama, au moins cinq autres ont été tués et plus de 20 blessés, selon l’OSDH.

Dans la province d’Idleb, plus de 250’000 manifestants se sont rassemblés dans des dizaines de villes, notamment Idleb, Maret al- Noman, Khan Cheikhoune et Saraqeb, selon l’OSDH. A Idleb même, au moins deux manifestants ont été tués et 37 blessés par les forces de sécurité.

Enormes manifestations à Homs

Toujours selon l’OSDH, d’énormes manifestations ont eu lieu à Homs, bastion de la contestation, où les agents de sécurité ont ouvert le feu. Dans cette ville, les corps de cinq personnes arrêtées dans la nuit ont été retrouvés. Une sixième, blessée ce matin par les forces de sécurité, a succombé à ses blessures.

Dans la région de Homs, cinq membres des forces de sécurité ont été tués par des déserteurs à un barrage dans la région de Houla. Et deux civils et deux soldats dissidents ont été tués dans une embuscade tendue par les forces armées près de Tal Kalakh, à la frontière libanaise, a indiqué l’OSDH.

Bombes à clous

A Douma, plus de 60.000 personnes ont manifesté, selon l’OSDH, qui a précisé que les forces de sécurité avaient fait usage de bombes à clous et de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, blessant 24 d’entre eux.

Les forces de l’ordre auraient également ouvert le feu sur des manifestants à Damas, arrêtant des protestataires au moment où ils quittaient les mosquées. A Alep (nord), relativement peu touché jusqu’à présent par le soulèvement, des partisans du régime ont «réprimé violemment» une manifestation dans le quartier Salaheddine, selon la même source.

Jeudi, les forces de sécurité auraient déjà tué au moins 25 personnes alors que les observateurs se trouvaient à Hama, Idleb, Homs, Deraa et Douma.

Effet protecteur quand même

«Nous vous demandons de faire la distinction entre l’assassin et la victime. Notre Révolution (...) est pacifique», ont écrit les militants sur leur page Facebook Syrian Revolution 2011, à l’adresse des observateurs arabes.

Tout en exprimant des doutes sur l’efficacité de la mission, des opposants syriens ont jugé que la présence des experts «assurait en quelque sorte une protection» aux manifestants.

Haytham Maleh, avocat des droits humains et membre du Conseil national syrien (CNS), principal mouvement de l’opposition, a demandé que les observateurs s’acquittent de leurs obligations en «restant dans les villes qu’ils visitent pour protéger les habitants».

Washington a jugé utile la présence des observateurs, tout en se disant préoccupée que «la violence perdure». La Russie, alliée de la Syrie, s’est elle dite «satisfaite» du début de la mission, citant son chef, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, selon qui «la situation est rassurante» à Homs.