Plus de 126 000 décès sur un total de 4 138 000 contaminations: au Brésil, l’épidémie de Covid-19 semble irrépressible, et, malgré une discrète décélération, son bilan ne cesse de s’alourdir. Pourtant, le soutien au président Jair Bolsonaro, qui ne cesse de relativiser la gravité du virus, n’a jamais été sérieusement entamé jusqu’ici. Mieux: le leader d’extrême droite se paie le luxe d’une poussée dans les sondages… Avec 37% d’avis favorables (+5 points en un mois et demi), il atteignait à la mi-août son meilleur score depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Pour 47% des sondés, il ne saurait par ailleurs être tenu responsable de l’hécatombe, pourtant provoquée notamment par son boycott des mesures sanitaires, qui a démobilisé et confondu la population.

Finis, les panelaços, les concerts de casseroles qui attiraient à leurs fenêtres les Brésiliens confinés pour protester contre leur président «génocidaire». Oubliée, sa truculence («Et alors?» avait-il lancé fin avril alors que le pays venait de passer la barre des 5000 décès). Oubliées aussi, les 53 demandes de destitution, liées ou non à son absence de stratégie face à la crise sanitaire. Au cœur de cette résilience présidentielle: les aides versées aux précaires de l’économie informelle, dont les revenus se sont effondrés avec la quarantaine décrétée par les gouverneurs et les maires dans tout le pays. Quelque 67 millions de Brésiliens, soit près du tiers de la population, reçoivent ainsi depuis cinq mois l’équivalent de 104 francs mensuels.