Afrique

Au Mali, les méandres de la guerre au sol

Au Mali, les groupes islamistes sont encore loin d’être éradiqués. D’autant que les frontières entre pro- et anti-gouvernementaux sont souvent brouillées

L’attaque terroriste menée le 21 novembre contre l’hôtel Radisson de Bamako a démontré ce que les experts et les militaires affirment depuis des mois: au Mali où l’état d’urgence a été déclaré suite à cette opération terroriste en plein cœur de la capitale, les groupes islamistes sont encore loin d’être éradiqués. D’autant que les frontières entre pro- et anti-gouvernementaux sont souvent brouillées.

La preuve: l’affrontement survenu les 19 et 20 décembre, dans la région de Ménaka, située au sud-est de Gao, l’un des ex-bastions des djihadistes dont l’avancée avait été stoppée, voici bientôt deux ans, par l’intervention de l’armée française. Les forces de la mission Barkhane de quadrillage de la zone sahélienne y auraient débusqué plusieurs katibas (brigades) du groupe Al Mourabitoun fondé par l’algérien Mokhtar Belmokhtar, dont la mort lors d’une frappe américaine en Libye, annoncée en juin 2015, n’a jamais pu être confirmée.

Bilan officiel côté français: une dizaine de terroristes «neutralisés» et de grandes quantités de matériel récupérées, essentiellement en provenance du désert Libyen. Une affirmation contredite par une milice pro-gouvernementale qui affirme avoir été victime d’un «dommage collatéral» et avoir ensuite obtenu le droit de récupérer ses morts. L’origine de la confusion pourrait être le passage récent de combattants d’une faction à l’autre. «Cette guerre n’est que temporairement gagnée», nous confirmait un diplomate français en novembre, au Forum sur la sécurité de Dakar (Sénégal).

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La question malienne a, sur le papier, connut un réel progrés avec la signature par toutes les factions d’un accord de paix à Alger en juin 2015, adoubé par les leaders rebelles touaregs du nord-Mali à l’automne. La réalité sur le terrain, en revanche, reste empoisonnée, chaque groupe cherchant à profiter de la faiblesse des autres pour s’imposer dans le contrôle des trafics en tout genre: armes, drogue et migrants. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’Afghanistan, où la coalition internationale n’a jamais, de 2001 à 2014, réussi à pacifier les régions pachtounes adossées au Pakistan.

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