Elu mardi à la présidence du Pakistan, Mamnoon Hussain est un homme d’affaires né en Inde en 1940 ayant fait fortune dans le textile et dont l’ancrage dans les milieux économiques pourrait être un atout. C’est un comité formé des députés et des sénateurs qui l’a investi de sa nouvelle fonction.

Héritier d’une entreprise de textile, Mamnoon Hussain s’est imposé dans les milieux d’affaires de Karachi, mégapole du sud du pays située sur la mer d’Arabie, où se sont établis les mohajirs, ces musulmans ayant fui l’Inde pour gagner le Pakistan depuis la partition en 1947.

Militant de la Ligue musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif, formation portée au pouvoir lors des législatives de mai, le nouvel élu a été président de la Chambre de commerce de Karachi, la plus importante du pays, puis brièvement gouverneur de la province locale du Sind en 1999.

Il succède à Asif Ali Zardari, un homme politique aussi très proche des milieux d’affaires mais dont la réputation a été ternie par des allégations de corruption qui lui ont valu le sobriquet peu flatteur de «Monsieur 10%», en référence à des commissions qu’il aurait touchées sur des contrats publics.

Zardari s’était marié dans les années 80 avec Benazir Bhutto, héritière politique du Parti du peuple pakistanais (PPP) après la pendaison de son père Zulfikar en 1979 par la junte militaire. Suite à l’assassinat de son épouse, en décembre 2007, Asif Ali Zardari avait repris les rênes du PPP qu’il a conduit à la victoire lors de législatives tenues deux mois plus tard, avant d’être élu président.

«Poids léger»

Agé de 73 ans et réputé fidèle à son parti, «Mamnoon Hussain est un poids léger en politique et c’est la raison pour laquelle Nawaz Sharif l’a choisi pour devenir le prochain président», estime l’analyste politique Hasan Askari. Le premier ministre Sharif peut ainsi s’assurer que le nouvel élu ne tentera pas de le court-circuiter et respectera la fonction présidentielle devenue essentiellement symbolique, souligne-t-il.

Le contexte dans lequel Mamnoon Hussain a été élu à la tête du pays est des plus délicat. Le Pakistan est en effet confronté à une crise énergétique à l’origine de coupures de courant pouvant atteindre 20 heures par jour dans certaines régions, et qui soutire à elle seule deux points de croissance du PIB par année.

Mamnoon Hussain prendra officiellement ses nouvelles fonctions en septembre.