Les manifestants se sont réunis à Canton devant le bâtiment de l’hebdomadaire Nanfang Zhoumo, derrière une banderole affichant: «Nous voulons la liberté de la presse, le respect de la Constitution et la démocratie.» Le Nanfang Zhoumo avait dans un billet du Nouvel An appelé la Chine à des réformes politiques, et notamment à l’adoption d’une Constitution garantissant véritablement les droits des citoyens.

Un responsable de la propagande de la province méridionale du Guangdong, où est basée la publication, a ensuite remplacé l’article par un autre au ton très édulcoré, selon des journalistes actuellement en poste et d’anciens collaborateurs de l’hebdomadaire. Cela a déclenché une fronde d’une partie des journalistes de la rédaction de l’hebdomadaire, qui ont publié une déclaration condamnant l’intervention des autorités. Ce texte a été propagé par les réseaux sociaux, malgré la censure sur le Web.

Le groupe de presse auquel appartient le Nanfang Zhoumo est depuis de nombreuses années celui qui possède les titres les plus critiques vis-à-vis du pouvoir chinois. La Constitution chinoise garantit en principe les libertés d’expression et de la presse, mais celles-ci sont foulées au pied par le régime communiste, qui considère les médias comme «la langue et la gorge du Parti».

Pour l’année 2011-2012, la Chine a été classée par Reporters sans frontières au 174e rang sur 179 pour le respect de la liberté de la presse, perdant trois places par rapport à l’année précédente.