Géorgie

Des manifestants tentent de rentrer dans le Parlement géorgien, 69 blessés

Plusieurs milliers de personnes ont protesté contre la prise de parole d'un député russe au Parlement géorgien, déclenchant des représailles de la part de la police

Après des échauffourées autour du Parlement, trente-neuf policiers et trente manifestants ont été blessés et hospitalisés jeudi soir à Tbilissi, en Géorgie. Dans l'après-midi, le député russe Sergueï Gavri s'était exprimé dans le cadre d'une rencontre annuelle de l'Assemblée interparlementaire sur l'orthodoxie, selon un conseiller du Premier ministre géorgien, Mamuka Bakhtadze.

En protestation, des milliers de personnes ont tenté d'envahir le Parlement et ont été repoussées par les forces antiémeute, notamment avec des gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc, selon un journaliste de l'Agence France Presse (AFP). Quelque 10 000 personnes s'étaient rassemblées dans le centre de la capitale géorgienne pour demander la démission du président de l'assemblée Irakli Kobakhidzé.

«Les protestataires demandent l'organisation d'élections parlementaires anticipées ainsi que la démission du président du Parlement et du ministre de l'Intérieur», a déclaré à l'AFP un responsable du Parti européen de Géorgie (opposition), Gigi Ugulava. «Nous allons parvenir à ces objectifs par des protestations pacifiques.»

Un groupe de députés géorgiens d'opposition a demandé que la délégation russe quitte le Parlement de Tbilissi, alors que beaucoup de manifestants portaient des drapeaux de la Géorgie et de l'Union européenne, ainsi que des banderoles portant le slogan «La Russie est un occupant».

«C'est une mobilisation spontanée de Géorgiens ordinaires, cela n'a été organisé par aucun parti», a déclaré à l'AFP Giga Bokeria, un député du Parti européen de Géorgie (opposition), lors de la manifestation.

«Occupation militaire illégale»

Dans l'ex-république soviétique du Caucase, marquée par une intervention militaire russe et une brève guerre en août 2008, la présence de parlementaires russes a suscité de vives protestations. La guerre a entériné la perte du contrôle par la Géorgie de ses deux régions séparatistes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud (20% du territoire géorgien), frontalières du territoire russe et sur lesquelles sont restées des troupes russes.

Après la guerre, la Russie a reconnu les deux régions séparatistes comme «Etats indépendants». Depuis, la Géorgie et ses alliés occidentaux dénoncent une «occupation militaire illégale».

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A Tbilissi, l'ambassade des Etats-Unis a exhorté dans un communiqué «toutes les parties, à garder leur calme, faire preuve de retenue et agir à tout moment selon la Constitution». L'ambassade affirme comprendre que l'incident au Parlement a «blessé les sentiments de beaucoup de personnes» en Géorgie.

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