A l'appel des familles des trois otages italiens détenus en Irak, environ 5000 personnes ont défilé jeudi dans le centre de Rome. En tête de cortège, derrière une grande banderole arc-en-ciel symbole de la paix, les parents de Maurizio Agliana, Umberto Cupertino et Salvatore Stefio ont parcouru en silence les centaines de mètres séparant le château Saint-Ange de la place Saint-Pierre, au Vatican.

Cette manifestation avait été convoquée après le message vidéo diffusé lundi sur la télévision Al-Arabiya dans lequel les ravisseurs appelaient le peuple italien à descendre dans la rue pour «récuser la politique» du chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui a envoyé 3000 hommes en Irak aux côtés des Etats-Unis. En l'absence d'une telle initiative, «nous tuerons d'ici à cinq jours les otages sans hésitation et sans autre avertissement», avaient menacé les «Brigades vertes du Prophète».

Unanimement, les partis politiques avaient rejeté ce chantage mais nombre de responsables ont soutenu l'initiative des familles. Certains d'entre eux ont d'ailleurs participé au cortège notamment parmi les opposants les plus farouches à la guerre en Irak (communistes de Refondation, Verts et mouvements altermondialistes). Absent, le secrétaire national des Démocrates de gauche, Piero Fassino, avait fait savoir qu'il était «de tout cœur» avec les familles. Même le ministre (Alliance nationale) des Italiens de l'étranger, Mirko Tremaglia, s'est joint au cortège: «Je suis ici pour répondre à l'appel des familles». Celles-ci avaient expressément demandé aux forces politiques de ne pas récupérer la manifestation. Mais en fin de cortège, certains pacifistes ont tout de même défilé avec une grande banderole demandant «le retrait immédiat des troupes d'Irak».

Contact téléphonique

Au bout du parcours, les familles ont été accueillies par chef de la diplomatie du Vatican, Giovanni Lajolo, qui a lu un message du pape. «Au nom du dieu unique», Jean Paul II a imploré la libération des otages. En marge du cortège, le leader du mouvement «anti-impérialiste» Moreno Pasquinelli, qui avait été récemment arrêté par la police italienne puis relâché en pleine crise des otages, a fait savoir que le leader de la «Résistance patriotique irakienne» Jabbar Al Kubaisi l'avait joint au téléphone. Celui-ci aurait indiqué que la libération des otages est désormais probable à condition que les trois hommes soient remis, non pas à des représentants de l'Etat italien mais à «trois responsables du mouvement pacifiste».