Délégations en retard à cause des manifestations, pneus des voitures de la délégation canadienne crevés: les protestataires qui avaient promis «l’enfer» pendant le G20 battent sans discontinuer le pavé depuis jeudi soir, multipliant les incidents et contraignant la police à demander du renfort. «La demande (de renfort) est en cours», il s’agit de «soulager les forces déjà engagées», a déclaré un porte-parole de la police locale.

Des unités de police antiémeute à Berlin et dans la région du Schleswig-Holstein, voisine de Hambourg, dans le nord du pays, ont dans la foulée indiqué préparer l’envoi de plusieurs centaines de personnes.

Les forces de l’ordre ont déjà mobilisé plus de 20 000 personnes pour assurer la sécurité à Hambourg à l’occasion du sommet des dirigeants des vingt principales économies de la planète. Mais la multitude des manifestations depuis plusieurs jours et des affrontements qui ont éclaté jeudi soir et se poursuivaient vendredi, jour de l’ouverture du sommet, mettent les effectifs à rude épreuve.

Programme modifié

L’épouse du président américain, Melania Trump, est restée ainsi bloquée dans sa résidence à Hambourg vendredi en raison des nombreuses manifestations anti-G20 dans la ville, a indiqué sa porte-parole.

«Nous n’avons jusqu’ici pas obtenu d’autorisation de sortie de la part de la police pour quitter la demeure», a indiqué cette porte-parole à l’agence de presse allemande DPA. En raison des incidents et des rassemblements, le programme des épouses des dirigeants du G20, auquel participe Melania Trump, a dû être modifié.

Dès vendredi matin, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés autour des carrefours routiers stratégiques de la ville de 1,7 million d’habitants dans le but de bloquer l'arrivée des délégations officielles au sommet.

Les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre se déroulent pratiquement sans discontinuer depuis jeudi soir dans la ville.

La police a indiqué que 159 de ses agents avaient été jusqu’ici légèrement blessés lors de ces incidents.

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Rencontre entre Trump et Poutine

La toute première rencontre entre les présidents russe Vladimir Poutine et américain Donald Trump se déroulera vendredi à Hambourg (Allemagne), en marge du G20, a annoncé mardi le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov cité par les agences russes.

«Il y a un accord sur le sept» juillet, a déclaré M. Ouchakov en réponse à une question sur la date de la toute première rencontre entre les deux chefs d’Etat.

Le principe d’une rencontre avait été acté la semaine dernière par la Maison Blanche sans précision sur son calendrier.

Le général H.R. McMaster, conseiller à la Sécurité nationale, avait alors souligné que Donald Trump souhaitait une relation «plus constructive» avec la Russie et que l’un des objectifs du déplacement du président américain en Europe était de mettre en place «une approche commune face à la Russie» et «répondre au comportement déstabilisateur» de la puissance russe.

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Les Etats-Unis, a-t-il dit, travaillent avec leurs alliés pour s’opposer «aux actions de la Russie et à son comportement déstabilisateur», citant notamment le conflit en Ukraine, le soutien russe à l’Iran et à la Syrie.

La rencontre entre les chefs d’Etat américain et russe sera particulièrement surveillée compte tenu des mauvaises relations entre les deux pays sur fond d’enquête sur l’influence russe dans l’entourage de Donald Trump. Ce dernier a du reste admis à Varsovie que la Russie avait pu s’immiscer dans l’élection présidentielle de 2016.

«Bienvenue en enfer»

Les incidents à Hambourg ont commencé dans la soirée peu après le départ d’un cortège de 12 000 personnes, selon la police, venus protester contre le G20 à proximité immédiate du lieu du sommet.

Après plusieurs avertissements, la police a chargé la foule et fait usage de gaz lacrymogène pour disperser plusieurs centaines d’extrémistes encagoulés et habillés de noir, ont constaté les journalistes de l’AFP. Bouteilles, pierres, pavés et pétards ont été jetés sur les policiers qui ont riposté en déployant à plusieurs reprises leurs canons à eau.

Elle a fait état de plusieurs voitures incendiées, de vitrines de magasins et de banques endommagées, ainsi que de barricades érigées dans certains quartiers par les manifestants les plus déterminés.

La manifestation qui a dégénéré avait été organisée sous le slogan «Welcome to Hell» («Bienvenue en enfer») et avec une banderole de tête portant le slogan «Pulvériser le G20».

«Alliance autonome et anticapitaliste»

Les participants ont été stoppés par la police au bout de seulement 300 mètres de parcours. Ils étaient partis du «quartier des poissons», près de l’Elbe et se dirigeaient vers le centre des congrès où le sommet se tiendra vendredi et samedi, avec l’intention d'«encercler» géographiquement le lieu.

Ce rassemblement à l’initiative d’une «alliance autonome et anticapitaliste», promettait d’être l’un des plus musclés en marge du sommet. Selon les autorités, jusqu’à 100 000 manifestants devraient battre le pavé sur plusieurs jours.

Un autre grand rassemblement, à l’initiative de la mouvance d’extrême gauche, est prévu samedi en fin de matinée.

Quelque 20 000 policiers venus de toute l’Allemagne ont été déployés dans la grande cité portuaire à l’occasion du sommet face aux risques d’attentat et de débordement.
Vendredi, les manifestants entendent cette fois empêcher l’accès des chefs d’Etat au centre des congrès.