Le gouvernement équatorien a annoncé, mercredi, une reprise des négociations avec les protestataires indigènes avec la médiation de la Conférence épiscopale de l'Equateur (CEE), alors que l'état d'urgence a été déclaré de nouveau dans quatre provinces. Sans révéler quand les pourparlers pourraient commencer, le ministre des Affaires gouvernementales Francisco Jimenez a déclaré que le CEE organiserait les détails des négociations.

Après la mort d'un soldat dans l'est de l'Equateur, le président équatorien Guillermo Lasso a suspendu, mardi, le dialogue avec les leaders indigènes à la tête du mouvement contre la cherté de la vie. Cela laisse augurer une poursuite du bras de fer entre l'exécutif et les manifestants.

Un convoi militaire qui protégeait des camions-citernes a été attaqué à l'aube par un groupe armé dans la partie amazonienne du pays, a annoncé l'armée dans la matinée, faisant état d'un militaire tué et de douze blessés dans cet «acte terroriste» commis avec des armes à feu et des lances.

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«Vous méritez mieux qu'un dirigeant opportuniste qui vous a trompés»

«Nous ne nous assiérons pas à nouveau pour dialoguer avec Leonidas Iza (chef de la puissante Confédération des nationalités indigènes, la Conaie) qui ne défend que ses intérêts politiques et non ceux de sa base», a déclaré le chef de l'Etat conservateur dans une courte allocution, dénonçant une «attaque criminelle».

Outre le soldat tué, cinq manifestants ont péri dans des violences avec les forces de l'ordre et plus de 500 personnes, civils ou membres des forces de sécurité, ont été blessées.

«Le pays a été témoin de tous les efforts que nous avons déployés pour établir un dialogue fructueux et sincère (...). A nos frères et soeurs indigènes, vous méritez mieux qu'un dirigeant opportuniste qui vous a trompés», a lâché le président Lasso. «Nous n'allons pas négocier avec ceux qui retiennent l'Equateur en otage ou ceux qui attaquent nos forces de sécurité et jouent avec la santé et la vie des Equatoriens.»

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«Ce n'est que lorsqu'il y aura des représentants légitimes de tous les peuples et de toutes les nationalités de l'Equateur, qui cherchent de vraies solutions et sont ouverts à un dialogue réel et franc, que nous reviendrons à la table du dialogue», a-t-il posé comme condition.

L'«autoritarisme» du gouvernement dénoncé

La Conaie a immédiatement réagi en accusant le gouvernement d'«autoritarisme» et de «manque de volonté». «Nous tenons Guillermo Lasso pour responsable des conséquences de sa politique belliciste (...) Lasso ne rompt pas avec Léonidas, il rompt avec le peuple», a tonné l'organisation sur Twitter.

Le matin-même, le gouvernement ne s'était pas présenté aux discussions entamées la veille à Quito avec les représentants indigènes, dont Leonidas Iza, qui se déroulent dans une annexe de la grande Basilique catholique de la capitale. «Nous sommes actuellement dans une impasse dans ce processus de dialogue, mais nous laissons la porte ouverte», a réagi plus tard le chef de la Conaie. «Nous voulons la paix! Restez unis, (...) ne menez pas d'actions», a-t-il lancé à plusieurs dizaines de ses partisans réunis devant la Basilique néo-gothique.

Après plus de deux semaines de blocages et plusieurs épisodes de violences, dont deux tentatives d'intrusion des protestataires dans l'enceinte du parlement, représentants indigènes et délégation gouvernementale devaient pourtant mardi avancer vers une sortie de crise. En signe de bonne volonté, le gouvernement a réduit dimanche le prix de l'essence et du diesel de 10 cents de dollar. Il a aussi mis fin samedi à l'état d'urgence décrété une semaine auparavant dans six des 24 provinces.