De violents heurts ont éclaté jeudi à Sanaa entre opposants et partisans du pouvoir, faisant 25 blessés, alors que l’armée s’est déployée en force à Aden, autre foyer de contestation dans le sud du Yémen.Dans la capitale Sanaa et au 5e jour de la contestation estudiantine contre le président Ali Abdallah Saleh, quelque 2000 manifestants ont été attaqués dès leur sortie du campus de l’Université par des partisans du parti présidentiel armés de gourdins et de pierres.

«Le peuple réclame la chute du régime», répétaient d’une seule voix les étudiants, certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants. Quinze manifestants ont été blessés, ainsi que dix partisans du Congrès populaire général (CPG, parti présidentiel), selon le correspondant de l’AFP sur place. Les forces de sécurité ont tiré en l’air pour tenter de séparer les deux camps.

Selon des témoins, des partisans du CPG ont également tiré à balles réelles. Un photographe de l’AFP a été blessé à la tête par une pierre alors qu’un vidéaste travaillant pour la même agence de presse a été frappé par des partisans du pouvoir. Mercredi, dix étudiants avaient été blessés dans des heurts similaires à Sanaa.

Un président en poste depuis 32 ans

Le bras de fer entre jeunes opposants et partisans du président Ali Abdallah Saleh se produit quotidiennement depuis cinq jours, même si des manifestations appelant aux réformes avaient eu lieu par intermittence depuis la mi-janvier. Les manifestants veulent le départ du dirigeant, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre et instable du sud de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda.

Ali Abdallah Saleh a renoncé le 2 février à briguer un nouveau mandat en 2013 et promis des réformes. L’opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, est restée à l’écart et n’a plus organisé de manifestation depuis le 3 février, après les promesses de réformes.