France

Manuel Valls promet d'«améliorer» une loi contestée sur le travail

Le Premier ministre français s'engage à améliorer la loi Travail sur deux points particulièrement critiqués. Mais il rejette l'option de «l'immobilisme»

Le chef du gouvernement français Manuel Valls a promis des «améliorations» au projet controversé de réforme du code du travail, l'un des derniers grands chantiers du président François Hollande avant la présidentielle de 2017.

Ce projet de loi, présenté par le gouvernement socialiste comme indispensable pour lutter contre un chômage endémique, est vivement critiqué par une partie de la gauche pour certaines dispositions d'inspiration libérale. Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd'hui, sept Français sur dix sont opposés au projet de loi.

«Améliorations sur deux points»

Dans un entretien à l'hebdomadaire Journal du Dimanche, le Premier ministre français s'engage à améliorer la loi Travail sur «deux points» particulièrement critiqués. D'une part, le plafonnement à 15 mois de salaire des indemnités pouvant être exigées à l'employeur par le tribunal du travail en cas de licenciement abusif. Concernant cette mesure, que de nombreux syndicats rejettent en bloc, «des adaptations peuvent être possibles sans la remettre en cause», a dit Manuel Valls.

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D'autre part, l'extension du licenciement économique: le texte actuel prévoit que les difficultés économiques de l'entreprise soient caractérisées (baisse du chiffre d'affaires, commandes, pertes d'exploitation). Certains syndicats veulent que les juges puissent continuer à «apprécier la réalité des difficultés économiques».

«Le statu quo serait terrible»

En promettant des «améliorations», le Premier ministre français, qui entame lundi des consultations avec les partenaires sociaux, tend la main en direction des syndicats contestataires. Mais s'il se dit prêt à des concessions, Manuel Valls rejette l'option de «l'immobilisme».

«Il faut bien sûr répondre aux interrogations, aux inquiétudes, et lever les ambiguïtés, et faire évoluer ce qui doit évoluer. Il faut enrichir et compléter cet avant-projet de loi», concède-t-il. «Mais ce qui serait terrible, c'est le statu quo».

Appel à la manifestation

Syndicats de salariés et étudiants appellent à manifester mercredi contre cette réforme «écrite par le Medef», la principale organisation patronale du pays. Une pétition en ligne demandant le retrait de ce projet de loi a dépassé vendredi le million de signatures, une première en France, deux semaines après son lancement.

Cette réforme, l'une des dernières du chef de l'Etat François Hollande avant la présidentielle de 2017 qui s'annonce pour lui incertaine, devait être adoptée en Conseil des ministres le 9 mars, mais sous la pression, son examen a été reporté au 24 mars.

Le président français a fait de la baisse du chômage la condition de sa candidature pour un second mandat. Or depuis son élection, le nombre de demandeurs d'emploi est passé de 4,4 millions à 5,5 millions.

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