On savait que Manuel Valls n’aurait pas la tâche facile. La réalité, après un mois de campagne pour la primaire «citoyenne» des 22 et 29 janvier, s’est avérée encore plus compliquée pour l’ancien premier ministre français (2014-2016). Empêtré dans le bilan du quinquennat qu’il est le seul à défendre parmi les sept candidats au premier tour ce dimanche, Valls le régalien, tenant de l’autorité, a même été défié sur son propre terrain lorsqu’un jeune autonomiste breton a tenté de le gifler en Bretagne. La question, pour lui, sera donc personnelle. Peut-il être le rassembleur socialiste pour 2017? Et peut-il convaincre les électeurs centristes de se déplacer pour voter?

Ses adversaires, à l’inverse, avaient tout à gagner à cette primaire, après le renoncement de François Hollande à se représenter. Le seul pour qui une non-qualification ce dimanche serait un énorme échec est Arnaud Montebourg, parti le plus tôt dans la course présidentielle. Mais après? Si l’on en croit les sondages, le trio Montebourg-Peillon-Hamon plafonne en termes d’intentions de vote nationales. Difficile, si l’un d’entre eux devait se qualifier, puis l’emporter le 29 janvier, de ne pas y voir la victoire d’un perdant programmé en avril-mai 2017.

Le vrai mérite du vote de dimanche sera dès lors d’être le baromètre de l’état de la gauche en France. En 2011, la précédente primaire du PS avait réuni 2,6 millions d’électeurs. Celle de la droite, en novembre, en a réuni quatre millions. Tout résultat très en deçà de ces chiffres démontrerait, une nouvelle fois la fracture irrémédiable entre le quinquennat sortant, et les électeurs qui, en 2012, le portèrent au pouvoir. La plaie du hollandisme serait alors encore plus difficile à cicatriser.

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