Amérique latine

Maracaibo, trésor perdu du Venezuela

La ville est le cœur de l’industrie pétrolière dans ce pays qui détient les premières réserves d’or noir du monde. Elle devrait être un paradis pour ses habitants. La crise économique et politique l’a transformée en enfer

Sur la terrasse de son appartement, Maria Carolina observe son quartier sombrer peu à peu dans l’obscurité. Le soleil vient de disparaître derrière les gratte-ciel de Maracaibo. «L’électricité a sauté il y a six heures», peste-t-elle en essuyant la sueur qui perle sur son front. Elle vit au dernier étage, et son appartement peut devenir une vraie fournaise dans cette ville où les températures varient entre 30 et 40 degrés toute l’année. «L’air conditionné a cramé à cause des coupures», précise cette jeune maman.

Autrefois, Maracaibo était la ville la plus moderne du Venezuela. Les compagnies pétrolières foraient près de deux tiers du pétrole vénézuélien dans son lac, soit deux tiers de la richesse nationale. Aujourd’hui, la ville est la plus affectée par le rationnement électrique imposé par le gouvernement et la prospérité paraît bien loin. Certains quartiers sont encore privés d’électricité douze heures par jour.