«La mesure d’interdiction de la marche est levée», a déclaré le préfet de Dakar Ibrahima Sakho. Des policiers anti-émeutes, portant casques, boucliers et gilets de protection, ont commencé tôt samedi matin à quadriller le quartier où devait débuter la manifestation, près d’un rond-point de l’avenue Bourguiba.

A 11 heures, des petits groupes de manifestants ont commencé à arriver. Deux opposants ont alors été brièvement interpellés, dont Ibrahima Sène, un des responsables de la coalition d’opposition Benno Siggil Sénégal.

Mesure par la police

Après la levée de l’interdiction de la marche, peu après 12 heures, les policiers se sont eux mis en retrait et se préparaient à encadrer la manifestation. Pour M. Sène, «le pouvoir a reculé, il sait qu’en interdisant la marche il nous aidait dans notre cause car les gens étaient déterminés à marcher».

La principale coalition de l’opposition a également appelé vendredi au boycott, tant par les Sénégalais que par les chefs d’Etat étrangers, de l’inauguration samedi à Dakar du monument de la «Renaissance africaine».

Appel lancé

Dans un communiqué, la coalition Benno Siggil Sénégal «engage le peuple sénégalais à refuser de s’associer à une opération frauduleuse destinée à satisfaire les fantasmes de Me Abdoulaye Wade et à asseoir les bases d’un règne dynastique des Wades sur notre pays».

Elle «exhorte également les chefs d’Etat de la sous-région, d’Afrique et d’ailleurs, à ne pas se faire les complices de cette escroquerie monumentale de Wade, en assistant aux festivités du ‘Sacre du Roi’ que Wade projette d’organiser sous couvert d’inauguration». Cette énorme sculpture de style soviétique, construite par les Nord-Coréens sur une colline de Dakar en bord de mer, est présentée comme plus haute que la statue de la Liberté à New York.