Le 27 avril, des milliers de Slovènes sont descendus dans les rues de Ljubljana pour crier «stop à la dictature». Dans leur viseur, le très conservateur premier ministre, Janez Jansa, proche allié de Viktor Orban, admirateur déclaré de Donald Trump, avec qui il partage une passion compulsive pour l’envoi de messages sur Twitter, ce qui lui a valu le surnom de «maréchal Twitto», en référence au fondateur de l’ancienne Yougoslavie, Josip Broz Tito. Au lendemain de l’élection américaine du 4 novembre, Janez Jansa s’était encore fendu de plusieurs messages félicitant Donald Trump pour son élection, assurant que «seuls les grands médias avaient proclamé Joe Biden vainqueur».

Alors que la Slovénie prendra le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, Janez Jansa est sur tous les fronts. A l’interne, son gouvernement fait face à une motion de destitution, l’opposition lui reprochant notamment de violer la loi en matière de droits humains et de liberté de la presse. A l’externe, le premier ministre serait l’auteur d’un document de nature à réveiller tous les conflits des Balkans. Celui-ci propose d’unir l’Albanie et le Kosovo, mais aussi de faire éclater la Bosnie-Herzégovine, partagée entre Croatie et Serbie, ne laissant aux Bosniaques musulmans qu’une sorte de «bantoustan» qui pourrait même se voir exclu de la perspective d’intégration européenne, toujours promise aux autres pays de la région.