20h30. Hosni Moubarak s’apprête à prendre la parole Le président égyptien devrait livrer sous peu «un discours important» à la télévision. ■ 19h30. La place Tahrir se vide La foule commençait à se disperser mardi soir dans une ambiance bon enfant au Caire. De nombreux manifestants rentrent chez eux par le pont Kasr el-Nil, d’ordinaire engorgé de voitures et désormais envahi par les piétons, pour beaucoup des drapeaux à la main après une journée de mobilisation d’une ampleur sans précédent. La foule reprenait en chœur des chansons de la légende Oum Kalsoum ou du grand chanteur Abdel Halim Hafez, ou dansait au rythme de tambourins.

19h00. Rapatriements Face à la contestation qui ne faiblit pas, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie et plusieurs autres pays envoient des avions pour rapatrier leurs ressortissants. Plusieurs dizaines de milliers de touristes sont bloqués dans le pays depuis le début des manifestations il y a une semaine.■ 18h00. Mobilisation sans précédent Depuis le début de la contestation, les rassemblements n’avaient jamais été aussi important dans les rues du Caire. A la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s’est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards étaient plus d’un million a manifesté pour exiger le départ de Hosni Moubarak. ■ 17h30. Les Alexandrins défilent Plusieurs centaines de milliers de manifestants souriants se sont rassemblés dans une ambiance bon enfant devant la mosquée Qaëd Ibrahim, dans le centre-ville d’Alexandrie avant de marcher sur le front de mer. Le cortège était long de cinq km. Les manifestants arboraient des drapeaux égyptiens et scandaient des slogans appelant à la chute du régime égyptien. En fin d’après-midi, une rumeur selon laquelle M. Moubarak est parti se répand comme une traînée de poudre, provoquant une explosion de joie dans la foule, certaines personnes se prosternant même en signe de gratitude avant que la nouvelle ne soit démentie. ■ 16h30. La nuit approche Alors que le soleil se couche sur Le Caire, notre envoyé spécial Serge Dumont constate que la situation devient plus tendue avec des groupes de jeunes qui essaient d’envahir l’Hôtel Hilton Les manifestations ont connu un immense succès ce mardi, et les organisateurs ont gagné leur pari. En plus de la mobilisation au Caire, à Alexandrie, deuxième ville du pays sur la Méditerranée, des centaines de milliers de personnes se sont aussi rassemblées; à Suez (est), 15 000 personnes ont défilé, alors qu’elles étaient 40 000 à Mansoura (delta), 5000 à Tanta (delta) et 10 000 à Mahalla (delta). ■ 14h30. «Communion» Sur Twitter, les messages défilent à toute allure, tous pour louer le calme de la foule réunie place Tahrir, son côté bon enfant, et déterminé en même temps. «Jamais vu autant de monde sauf à La Mecque», dit l’un, «C’est presque religieux», dit l’autre. «Les chrétiens protégeront les musulmans pendant la prière vendredi», dit un troisième. «Je suis triste pour les Irakiens, c’est comme cela qu’ils auraient dû gagner leur liberté», «On est deux millions et pas un seul», lit-on encore sur Twitter 12h30. «Moubarak doit partir» Ce ne sont plus seulement les manifestants qui le réclament, mais aussi l’opposant Mohamed ElBaradei, pour qui le président égyptien Hosni Moubarak doit quitter le pouvoir «d’ici à vendredi», a-t-il déclaré à la chaîne satellitaire Al Arabiya. «Vendredi (prochain) a été baptisé «jour du départ», a-t-il ajouté, indiquant espérer «que le président Moubarak quittera le pays avant cette date après 30 ans au pouvoir».«Je ne pense pas qu’il veuille voir davantage d’effusion de sang», a-t-il dit, en référence aux troubles ayant émaillé les manifestations en Egypte et qui ont fait 300 morts depuis le 25 janvier selon la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay. Interrogé sur l’offre de dialogue faite par le nouveau vice-président égyptien, Omar Souleimane, M. ElBaradei s’est dit favorable à «un dialogue national global» mais a posé des conditions, «et en premier lieu le départ du président Moubarak». «Si le président Moubarak s’en va, tout ira dans la bonne voie», a-t-il encore dit, soulignant que les manifestations en masse au Caire et à Alexandrie devraient «être pacifiques». Enfin il a déclaré souhaiter un départ «honorable» pour le président Moubarak. ■ 12h00. La place Tahrir noire de monde Plusieurs centaines de milliers de manifestants sont rassemblés mardi midi place Tahrir au Caire pour la «Marche du million», à l’appel du mouvement de contestation qui réclame depuis une semaine le départ du président Hosni Moubarak, selon les photographes de l’AFP. Les images sur Al-Jazira montrent aussi une très forte mobilisation. ■ 11h30. Une mobilisation massive Notre envoyé spécial au Caire, Serge Dumont, décrit une mobilisation massive au centre du Caire ce matin. Les manifestants appellent à la démission du président Hosni Moubarak, mais également à celle du nouveau vice-président Omar Souleimane, ainsi que du nouveau premier ministre. Les gens ne sont pas dupes de ces effets d’annonce, explique-t-il. Les classes les plus pauvres de la population ne se sont toutefois pas jointes pour l’heure au mouvement. Le Caire sombre par ailleurs dans le «chaos» économique, les banques étant fermées, ainsi que la plupart des commerces et restaurants. ■ 10h00. L’armée bloque les accès au Caire L’autoroute reliant Alexandrie au Caire est bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l’armée, une longue file de camions de marchandises et de voitures attendaient sur la route de pouvoir passer, et les soldats empêchaient fermement le passage des véhicules en direction de la capitale.Selon un autre journaliste de l’AFP, les sorties des villes de Mansoura (delta), Suez (est) et Fayyoum (au sud du Caire) ont également été bloquées par l’armée. Le trafic ferroviaire est suspendu depuis lundi, et la ligne de métro reliant Le Caire à Choubra el-Kheima (20 km au nord) a été fermée. De nombreux Cairotes qui tentaient de rejoindre leur lieu de travail dans les environs de la capitale n’ont pu le faire en raison de ces blocages. ■ 10h00. Paroles de colère Ils ont passé la nuit sur place ou arrivent par petits groupes en minibus et en taxi: les manifestants de la place Tahrir du Caire commencent la journée en scandant «Moubarak dehors» et en pendant aux feux rouges des effigies du président honni, dans une ambiance de kermesse. Au milieu de la foule les enfants jouent à la guerre, tandis que les adultes échangent le bon mot du jour: «Moubarak s’en va, nous on reste!» La foule bat des mains devant deux mannequins représentant le raïs pendu par le cou. Sur sa cravate, il porte l’étoile de David; de ses poches dépassent des liasses de dollars.De nombreux accès à la place Tahrir (place de la Libération), proche de plusieurs bâtiments gouvernementaux, sont gardés par l’armée, qui a promis lundi de ne pas faire usage de la force et accueille les manifestants avec sourires et poignées de main, tout en fouillant les sacs.«Je resterai ici même s’il faut mourir. Toute ma famille sera fière de moi. L’armée de la place Tahrir, c’est nous!» lance Osama Alam, un avocat portant veste, jean et cravate. Nombreux sont ceux qui ont bravé le couvre-feu pour passer la nuit sur cette place devenue emblématique de la révolte qui secoue le pays depuis une semaine. D’autres arrivent par petits groupes en taxi ou en minibus. Mohamed Suleiman, un ingénieur, s’insurge contre les déclarations du pouvoir affirmant que les islamistes des Frères musulmans manipulent le mouvement, auquel ils se sont ralliés tardivement. «Il n’y a pas plus de 1% des gens ici qui soit avec les Frères musulmans. C’est Moubarak qui parle d’eux pour faire peur à l’Europe et aux Etats-Unis», affirme-t-il. Un vieil homme qui ne veut pas donner son nom assure que «c’est la révolution des pauvres, à qui Moubarak et les siens volent l’argent, volent le travail. Les pauvres n’ont pas de quoi se loger, et la police leur tape dessus, les traite comme des chiens.»«Moubarak est un dictateur», résume-t-il. «N’ayez pas peur!» Dans un coin, une vingtaine d’hommes improvise une ronde, reprenant en chœur les slogans d’un vieil homme appuyé sur une béquille: «Moubarak, Gamal (le fils du président), vous êtes des agents américains!» ou «Le peuple veut la chute du président!» Mohamad Ibrahim, un professeur de 50 ans contraint de faire le taxi pour joindre les deux bouts, tient son fils adolescent par la main et crie sa colère. «Je veux croire qu’il y a une raison pour que la statue de la Liberté soit à New York! Aidez-nous! Je ne veux pas que mon fils devienne un criminel!», braille-t-il. A l’adresse des pays occidentaux, il ajoute: «N’ayez pas peur! Nous sommes pacifiques. Nous respecterons Camp David, nous ne ferons pas la guerre à Israël. Nous voulons juste vivre!» ■ 10h00. Appel d’ONG Cinquante organisations égyptiennes de défense des droits de l’homme appellent dans un communiqué le président Hosni Moubarak à «se retirer» du pouvoir pour «éviter un bain de sang». ■ 8h00. La mobilisation commence Plus de 5000 personnes étaient déjà rassemblées tôt mardi dans le centre du Caire pour la manifestation géante contre le président égyptien Hosni Moubarak prévue dans la journée. Les manifestants lançaient des slogans comme «Dehors Moubarak», et brandissaient des affiches représentant le président pendu, ou sa photo avec la mention «ta tête va tomber». De nombreuses personnes ont passé la nuit sur la grande place Tahrir (Libération), épicentre depuis mardi dernier des manifestations, et étaient rejointes progressivement par d’autres manifestants. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire, et l’armée contrôle de nombreux accès au centre-ville. Mais l’armée a déclaré lundi soir que les revendications du peuple étaient «légitimes» et s’est engagée à ne pas faire usage de la force contre les manifestants. Une manifestation géante est également attendue à Alexandrie, la deuxième ville du pays, sur la côte méditerranéenne.