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Margaret Chan appelle à plus de flexibilité contre la grippe A (H1 N1)

La 62e assemblée annuelle de l’OMS s’est achevée vendredi. La directrice générale de l’agence spécialisée des Nations unies reconnaît le conflit qu’il y a entre la forte contagiosité du virus H1N1 et sa faible virulence, pour la mise en œuvre des plans d’alerte anti-pandémie

«La décision de déclarer une pandémie de grippe est une responsabilité et un devoir que je prends très, très au sérieux.» Concluant l’assemblée annuelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie depuis une semaine à Genève, Margaret Chan a montré fermeté et souplesse. La directrice générale de l’OMS a, au cours des cinq derniers jours, entendu les doléances des Etats de la planète à propos des plans d’alerte contre la grippe A (H1N1). Et en a tenu compte. Au vu de la virulence plus faible que prévu du virus H1N1, plusieurs pays jugent inopportun de passer à l’ultime phase d’alerte, la phase 6. Selon eux, une telle mesure perturberait fortement les activités sociales et économiques des Etats.

Bien que l’OMS compte désormais 11’168 cas avérés de personnes infectées par le virus de la grippe encore parfois dite porcine et 43 pays touchés, Margaret Chan n’est toutefois pas prête à passer à la phase 6. «Les phases 5 et 6 sont quasiment identiques par rapport aux plans d’action qu’elles activent. Des mesures intensives de préparation, y compris au niveau industriel, produisent déjà leurs effets. Quand nous sommes passés en phase 5, j’ai demandé à tous les pays d’activer leur plan anti-pandémie et la plupart l’ont fait.»

La directrice de l’OMS reconnaît toutefois qu’avec l’apparition d’un nouveau virus «subtil et sournois», il est nécessaire de faire preuve de flexibilité par rapport aux plans d’alerte. C’est le substrat du débat qui fait rage à l’OMS: très forte contagiosité du H1N1, mais faible virulence. La gestion de cette crise sanitaire n’est pas simple. D’une part, relève Margaret Chan, le monde n’a jamais été, au cours de son histoire, en condition de suivre en direct le déclenchement d’une éventuelle pandémie. D’autre part, les scientifiques collectent une vaste quantité de données, mais ne peuvent pas interpréter les signaux captés avec certitude. Quant aux plans d’action, l’OMS se dit incapable à ce stade de dépasser l’incertitude scientifique en imposant une directive universelle. «Les pays doivent ajuster leur réponse à la crise en fonction de la nature changeante de la maladie», conclut la directrice de l’OMS. Le virus H1N1 est très présent dans l’hémisphère Nord, mais on l’a aussi détecté dans l’hémisphère Sud où la saison de grippe saisonnière commence. D’où l’inquiétude des responsables de la santé de voir le virus de la grippe A interagir avec d’autres virus et muter pour devenir plus virulent. Le scénario du pire, selon l’OMS, est une interaction entre le H1N1 et le virus de la grippe aviaire H5N1.

La 62e assemblée annuelle de l’OMS a été un moment important pour coordonner les efforts de l’OMS avec l’industrie pharmaceutique. Cette semaine, une trentaine de fabricants de vaccins étaient présents à Genève. Plusieurs d’entre eux, dont Novartis, se disent prêts à se lancer dans la production de vaccins contre la grippe A H1N1. Les capacités mondiales de production du vaccin sont estimées, selon l’OMS, à 5 milliards de doses par an.

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