Décembre 1989. Quand je débarque du métro de Prague un peu plus d’une semaine avant l’élection historique de Vaclav Havel à la présidence de la Tchécoslovaquie, les seules images de la capitale que j’ai à l’esprit sont celles véhiculées par Milan Kundera dans son Insoutenable légèreté de l’être, notamment celles des chars soviétiques investissant la ville en août 1968. Or nous sommes en 1989. Le pays est en pleine Révolution de velours. Dans une rue proche, plusieurs dizaines de personnes sont rassemblées devant un poste de télévision. Le Forum civique de Vaclav Havel diffuse pour la première fois via une cassette vidéo des images de l’écrasement du Printemps de Prague. Le choc de ces deux réalités temporelles distinctes, romancée pour l’une, réelle pour l’autre, me déboussole. Le signal est univoque. Le pouvoir communiste est en train de vaciller.

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