Une guerre en Ukraine où sont massacrés des civils. Une présidentielle française qui voit l’extrême droite convoiter l’Elysée. Un système multilatéral, fondé sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, qui risque l’implosion. Comment naviguer dans des eaux aussi troubles quand on est directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, un fleuron académique créé dans le sillage de la Société des Nations en 1927? Marie-Laure Salles n’est pas dupe des difficultés des temps actuels. Mais à 56 ans, cette ex-doyenne de l’Ecole du management et de l’innovation de Paris, docteure en sociologie d’Harvard, estime qu’il est temps de «réenchanter l’humain». Première femme à diriger l’IHEID, elle apporte aussi un vent nouveau à la Maison de la paix où est installé l’institut: à l’exception de Paul Mantoux, qui en fut le premier directeur en 1927, aucun non-Suisse n’a été à la tête de l’IHEID.