La frégate française Nivôse, opérant dans le cadre de l’opération européenne Atalante, a arrêté mercredi matin onze pirates au large du Kenya, a annoncé le ministère français de la Défense.

L’opération s’est déroulée «à environ 500 nautiques (900 kilomètres) à l’est de Mombasa», a ajouté le ministère dans un communiqué, en précisant que les pirates «naviguaient sur un bateau mère, une embarcation de 10 mètres de long transportant notamment 17 fûts de 200 litres de carburant, et deux skiffs d’assaut».

Les onze pirates «sont actuellement retenus sur le Nivôse».

«La frégate française avait repéré les pirates le 14 avril au soir lorsque son hélicoptère avait permis de déjouer leur attaque contre le bâtiment de commerce Safmarine Asia (pavillon du Liberia)», a expliqué le ministère. La frégate a «pisté les embarcations durant la nuit, puis est intervenue au lever du jour».

Cette interception intervient un jour après que des pirates, à bord de «trois ou quatre embarcations», se furent emparés d’un cargo libanais, battant pavillon togolais, selon le commandement naval de l’OTAN situé à Northwood, en Angleterre. «Je peux confirmer qu’un second cargo, le Sea Horse, a été capturé», a déclaré la porte-parole du commandement naval sans pouvoir détailler le nombre ou les nationalités de l’équipage à bord du navire.

Le premier, l’Irene EM, un cargo grec battant pavillon de Saint-Vincent et Grenadines, a été saisi plus tôt dans la journée avec 22 marins philippins à son bord. Le navire de 35’000 tonnes appartient à la compagnie Chian Spirit Maritime Enterprises Ltd, installée au Pirée, le grand port près d’Athènes, selon le ministère grec de la Marine marchande.

Un autre bateau, le Panamax Anna, du même propriétaire et battant pavillon maltais, a, lui, déjoué lundi une tentative d’abordage de six pirates, selon Andrew Mwangura, du Programme d’assistance aux marins, une organisation maritime basée au Kenya.

Mardi encore, un cargo américain, le Liberty Sun, en route vers Mombasa (Kenya), a échappé à aux pirates grâce à l’intervention de la marine américaine appelée à l’aide, selon la compagnie propriétaire. «Personne n’a été blessé et l’équipage comme le bateau sont saufs», a indiqué la compagnie qui n’a pas donné de détails sur l’opération de sauvetage de l’US Navy.

Cette attaque de pirates, menée au lance-roquettes, était un acte de «représailles» après la mort de trois pirates lors d’une opération de l’armée américaine dans l’océan Indien, a affirmé mercredi à l’AFP le chef d’un groupe de pirates.

«L’objectif principal de cette attaque était totalement différent des précédentes, nous ne cherchions pas de rançon. Nous avons assigné une équipe spéciale pour pourchasser et détruire tout navire qui brandit un drapeau américain en représailles au meurtre brutal de nos amis», a déclaré Abdi Garad, joint depuis Mogadiscio à Eyl, principal repaire des pirates dans la région autoproclamée autonome du Puntland (nord-est de la Somalie).

L’attaque menée contre le cargo Liberty Sun «n’est que le début», a lancé M. Garad. «Nous avions l’intention de détruire le bateau avec l’équipage à bord mais malheureusement ils nous ont échappé de peu», a-t-il affirmé.

M. Garad est le chef d’un groupe de pirates ayant brièvement capturé le 8 avril le porte-conteneurs américain Maersk Alabama et son équipage américain.

Lundi, il avait promis de venger la mort de trois de ses hommes tués par la marine américaine lors de l’opération de sauvetage la veille du capitaine du cargo. Le capitaine Richard Phillips était resté cinq jours prisonnier sur un canot en plein océan Indien.