La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a retiré jeudi matin de son compte Twitter la photo du corps décapité du journaliste américain James Foley, qu'elle avait postée la veille avec deux autres photos.

«Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée», a déclaré à l'AFP la présidente du FN. Marine Le Pen avait posté ces trois photos d'exactions du groupe Etat islamique (EI) pour protester contre le «parallèle ignoble» avec son parti établi selon elle par un journaliste.

Indignation américaine

Les parents du journaliste américain James Foley, décapité par le groupe Etat islamique (EI), s'étaient indignés hier du twitt de Marine Le Pen.

«Nous sommes profondément choqués par l'utilisation qu'est faite de Jim pour le bénéfice politique de Le Pen et nous espérons que la photo de notre fils, ainsi que deux autres images explicites, seront retirées immédiatement», ont écrit John et Diane Foley dans un communiqué. «Nous avons choisi d'employer notre tragédie pour améliorer le monde qui nous entoure, or les actes de Le Pen vont à l'encontre de tout ce que Jim», comme ils l'appelaient, «et la fondation James W. Foley Legacy Foundation représentent», ajoutent-ils.

https://twitter.com/Limportant_fr/status/677400866358456320

Marine Le Pen est visée par une enquête, après avoir tweeté mercredi trois photos insoutenables d'exactions du groupe EI en réponse à un journaliste qu'elle accuse d'avoir dressé un «parallèle» entre son parti et l'EI.

Cette publication avait d'emblée valu à la présidente du Front national (FN) les foudres du Premier ministre socialiste Manuel Valls, qui l'a accusée d'être une «incendiaire du débat public».

James Foley est un journaliste américain enlevé dans le nord de la Syrie en novembre 2012 avant d'être exécuté, à l'âge de 40 ans, en août 2014.