«Il faut enterrer la hache de guerre et résoudre les problèmes», répond Matteo Salvini mardi matin sur les ondes d’une radio privée. Il a rencontré la veille le secrétaire du Parti démocrate (PD, centre gauche) pour discuter de l’emploi et des entreprises fermées ou en crise à cause du coronavirus. Dans une configuration politique inédite, les meilleurs ennemis de toujours ont ouvert des canaux de communication. Le chef de la Ligue (extrême droite) a promis d’échanger «au téléphone avec tous les responsables de partis» composant le nouveau gouvernement de Mario Draghi, en attente du vote de confiance du parlement mercredi et jeudi.

Le sénateur milanais tient pourtant une autre hache à portée de main. Il en a bien aiguisé la lame pour s’imposer comme le principal leader d’une droite italienne en pleine recomposition. Une fois l’exécutif en fonction, il compte bien dominer, au centre, un Silvio Berlusconi meneur d’un parti mourant et, à droite, une Giorgia Meloni à la tête des post-fascistes des Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) en continue ascension. L’arrivée au pouvoir de l’ancien banquier central a rebattu encore une fois les cartes de ce que les commentateurs continuent d’appeler «la coalition de centre droit».