Son slogan de campagne préféré devrait inciter ses partenaires européens à réfléchir. Depuis son accession à la tête du gouvernement néerlandais voici dix ans (à l’issue des législatives du 9 juin 2010), Mark Rutte aime répéter la formule qui lui a permis de vaincre encore aux élections de 2017: «Doe Normaal» ou «Agir normalement».

Pas d’esclandres donc, chez ce premier ministre libéral né en 1967, pianiste talentueux, passionné de musique classique, un temps employé au Service des ressources humaines du géant de la chimie Unilever. «Rutte est profondément pro-européen. Il ne cherche pas à casser la baraque de l’Union. Il estime seulement, comme la grande majorité des Néerlandais, que son pays sort toujours perdant des négociations budgétaires communautaires et il n’a pas oublié le non au projet de Constitution européenne lors du référendum de juin 2005», juge Sabine Cessou, ancienne correspondante à La Haye.