Pays-Bas 

Mark Rutte salue une victoire contre «le populisme de mauvais aloi»

Au regard des dernières projections, les libéraux perdent 9 sièges. Ils peuvent toutefois compter sur 32 sièges pour rester la plus grande formation du pays à la chambre basse du Parlement néerlandais

Le parti libéral VVD du premier ministre néerlandais Mark Rutte est bien engagé pour rester le plus grand parti des Pays-Bas, selon les premières projections du service électoral de l'agence de presse néerlandaise ANP, publiées vers 2 heures. Les bulletins de vote de 263 communes sur 388 ont été dépouillés.

Bien que les libéraux au pouvoir perdent 9 sièges, ils peuvent toutefois compter sur 32 sièges pour rester la plus grande formation du pays à la chambre basse du Parlement néerlandais. Viennent ensuite trois partis, qui s'adjugent dix-neuf sièges chacun.

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Les chrétiens-démocrates du CDA, présidés par Sybrand Buma, progressent de 13 à 19 sièges. Le parti d'extrême-droite PVV mené par Geert Wilders, qui a longtemps dominé les sondages pré-électoraux, enregistre un gain de quatre sièges (de 15 à 19). Enfin, la formation centriste D66 passe elle de 12 à 19 sièges.

Les écologistes de GroenLinks engrangent la progression la plus fulgurante en s'octroyant 15 sièges contre 4 précédemment. Ils se situent juste devant l'extrême gauche représentée par le SP, qui perd un siège (14).

L'Europe soulagée

Dès les premiers sondages diffusés à la clôture des bureaux de votes l'Europe a exprimé son soulagement. «Félicitations aux Néerlandais d'avoir enrayé la montée de l'extrême droite», a ainsi tweeté le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

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«Les valeurs d'ouverture, de respect de l'autre et de foi en l'avenir de l'Europe sont la seule véritable réponse aux pulsions nationalistes et de repli sur soi qui secouent le monde», a déclaré le président français François Hollande dans un communiqué. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a lui salué «un vote pour l'Europe, contre les extrémistes».

«La chancelière (Angela) Merkel a félicité par téléphone Mark Rutte», a indiqué sur son compte Twitter son porte-parole, Steffen Seibert. «Je me réjouis de poursuivre une bonne collaboration en tant qu'amis, voisins, Européens», a indiqué la chancelière, citée dans ce Tweet.

«Après le Brexit et après les élections aux Etats-Unis, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi», a affirmé un Mark Rutte tout sourire, devant une salle bondée à La Haye.

Geert Wilders prêt à participer à une coalition gouvernementale

Au cours d'une campagne marquée par les questions d'identité, Mark Rutte, tout comme les leaders de certains autres partis, avait pourtant intégré quelques éléments auparavant réservés à son rival, invitant par exemple ceux qui ne respectent pas les valeurs néerlandaises à quitter ce pays de 17 millions d'habitants.

«Electeurs du PVV, merci! Nous avons gagné des sièges! Le premier succès est acquis!», a cependant tweeté le leader du PVV, qui n'avait remporté que 15 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement aux dernières élections: «Rutte n'est pas encore débarrassé de moi!», a insisté le député.

Geert Wilders s'est dit prêt jeudi à participer à une coalition gouvernementale, bien que l'ensemble des autres partis aient exclu une telle collaboration. Se positionnant déjà en vue des longues négociations qui vont commencer dès ce jeudi, il a affirmé à la presse néerlandaise: «Si cela est possible, j'aimerais co-gouverner, mais si cela ne marche pas... nous supporterons le gouvernement où cela est nécessaire, sur les questions qui nous sont chères».

Le système électoral néerlandais à la proportionnelle presque intégrale oblige à créer des coalitions et dans un paysage aussi fragmenté, la formation du prochain gouvernement pourrait prendre des mois. Le record actuel est de 208 jours.

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