Mark Zuckerberg a été assigné en justice ce lundi 23 mai par le procureur de Washington, Karl Racine, pour tromperie et violation d'une loi de protection des consommateurs, en lien avec l'affaire Cambridge Analytica, qui avait vu ce cabinet utiliser des quantités massives de données récoltées sur Facebook. «Notre enquête montre de nombreuses preuves que [Marc] Zuckerberg a été personnellement [dans cette affaire]», écrit-il sur Twitter.

Il s'agit de la deuxième tentative d'inclure le co-fondateur du réseau social dans les poursuites liées à Cambridge Analytica. En mars dernier, un juge de la Cour supérieure du district de Columbia – juridiction de la capitale américaine Washington – avait refusé à l'accusation de faire citer Mark Zuckerberg comme témoin dans la procédure initiée en 2018 contre Facebook. Cambridge Analytica est accusé d'avoir collecté et exploité, sans leur consentement, les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs du réseau social, auxquelles il lui avait donné accès.

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Ces informations auraient été ensuite analyéses pour élaborer un logiciel utilisé pour orienter le vote des électeurs américains en faveur de Donald Trump durant la campagne présidentielle américaine de 2016. Mark Zuckerbeg «est largement responsable de la «vision» de sa plateforme qui nécessitait [...] d'exposer les données personnelles des consommateurs», fait valoir le procureur dans le document de l'assignation, déposée ce jour devant la Cour supérieure du district de Columbia.

L'autorité

Pour le représentant du ministère public, le PDG de Facebook «était au courant du compromis» qui impliquait de transiger avec les données personnelles des utilisateurs de Facebook pour augmenter les bénéfices de l'entreprise. Il était «directement responsable du laxisme de Facebook en matière d'application de ses règlements», poursuit le procureur.

En tant que PDG, Mark Zuckerberg «avait autorité pour contrôler les pratiques trompeuses et la représentation erronée» de son fonctionnement aux consommateurs, estime encore l'accusation. En juillet 2019, les autorités fédérales ont imposé à Facebook une amende de 5 milliards de dollars pour avoir «trompé» ses utilisateurs. Elles lui ont aussi imposé un contrôle indépendant de sa gestion des données personnelles.

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Contactée par l'Agence France-Presse, l'entreprise américaine a refusé de commenter la procédure. Depuis l'éclatement du scandale Cambridge Analytica, Facebook a supprimé l'accès à ses données à des milliers d'applications soupçonnées d'en abuser, restreint la quantité d'informations accessibles aux développeurs en général et facilité, pour les utilisateurs, le calibrage des restrictions en matière de partage des données personnelles.