Collègue du célèbre Walter Cronkite et correspondant, à partir de 1960, de la chaîne de télévision américaine CBS à Moscou où il a personnellement connu Nikita Khroutchev, Marvin Kalb, 92 ans, explique au Temps ce qu’il retient de l’ultime dirigeant de l’Union soviétique. Mikhaïl Gorbatchev.

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Le Temps: Que retenez-vous de Mikhaïl Gorbatchev?

Marvin Kalb: Gorbatchev a essayé d’entreprendre l’impossible: réformer un système cassé impossible à réformer. Il a accédé au pouvoir en 1985, déterminé à réformer l’Union soviétique, mais il a lui-même réalisé que le communisme en tant que système ne pouvait être réformé. Il fallait y mettre fin.

Comment a-t-il réussi à accéder au pouvoir alors que la guerre froide était toujours en cours?

Il était jeune alors que tous les pontes du régime soviétique étaient de vieux dinosaures. Il avait une vision, contrairement à une clique sclérosée. Il était ouvert à l’Occident. Aujourd’hui, de nombreux Russes craignent l’Occident et le voient comme un ennemi potentiel. Gorbatchev au contraire le voyait comme un possible partenaire pour moderniser la Russie. C’était un grand homme, l’un des plus grand du XXe siècle, qui a mis fin à la guerre froide et aidé plus que personne d’autre à dissoudre l’Union soviétique.

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