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Des délégués dans la salle du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.
© Denis Balibouse/Reuters

ONU

La mascarade des élections au Conseil des droits de l’homme

L’instance chargée de faire respecter les libertés dans le monde renouvelle ce lundi une partie de ses membres. Mais la concurrence est quasiment inexistante. Malaise

Le Conseil des droits de l’homme, assemblée internationale chargée de faire respecter les libertés à travers le monde, renouvelle une partie de ses Etats membres ce lundi.

Le processus n’a d’élection que le nom. Pour les 15 sièges à repourvoir, seuls 17 pays se sont portés candidats. Pire encore, il n’y aura de compétition que pour un seul groupe géographique. L’Afghanistan, la Malaisie, les Maldives, le Népal, le Pakistan et le Qatar se disputeront les quatre sièges réservés à l’Asie et au Pacifique.

Lire aussi: Le Conseil des droits de l’homme dans l’œil du cyclone mondial

Fondement paradoxal

Basé à Genève, le Conseil des droits de l’homme est composé de 47 Etats selon un équilibre géographique. Son poids est avant tout symbolique mais l’instance peut permettre d’attirer l’attention sur certaines crises, par exemple, en dépêchant des enquêteurs sur place.

Paradoxalement, les pays les moins recommandables peuvent siéger à Genève. Et il est rarissime qu’un gouvernement soit expulsé de l’enceinte. C’est arrivé une seule fois avec la Libye du colonel Kadhafi en 2011. Le dictateur était alors isolé diplomatiquement puis a été renversé et exécuté par les rebelles libyens soutenus par les Occidentaux.

Scrutin opaque

Au Conseil des droits de l’homme, comme partout à l’ONU, l’universalité est la règle. Chaque pays a voix au chapitre. Mais l’esprit de l’enceinte voudrait que les pays les plus vertueux soient élus. Dans les faits, c’est loin d’être évident. Parmi les 47 membres actuels du Conseil, on trouve l’Arabie saoudite, la Chine, le Venezuela ou le Burundi.

Le choix revient à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, qui se prononce sur les candidats à bulletin secret. Ces derniers doivent toutefois obtenir une majorité de votes, soit 97 voix sur les 193 membres.

Des élections ouvertes sont une condition sine qua non d’un casting le moins mauvais possible. L’an dernier, la Russie payait ses bombardements en Syrie et était devancée à la surprise générale par la Croatie et la Hongrie. Moscou n’a pas voulu retenter sa chance ce lundi. Les deux sièges dévolus à l’Europe de l’Est sont promis à l’Ukraine et à la Slovaquie, vu qu’il n’y a pas d’autre candidat.

Le cas de la République démocratique du Congo

Lundi, la République démocratique du Congo est aussi quasiment assurée de faire son entrée au Conseil des droits de l’homme. «Ce serait un affront pour les innombrables victimes de ce gouvernement ainsi que pour les opposants congolais», dénonce Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch, en référence aux exactions de l’armée dans la région du Kasaï, qui ont fait des milliers de morts – y compris deux enquêteurs de l’ONU – et à la répression de l’opposition.

Cette dernière appelle d’ailleurs à une manifestation à Genève ce lundi pour protester contre l’accession de la RDC au Conseil des droits de l’homme. «Même en l’absence de concurrence, un pays doit toujours obtenir une majorité de voix», veut croire Louis Charbonneau, même s’il est peu probable que la RDC n’atteigne pas le quorum.

Dans le groupe Afrique, le très peu démocratique Angola siégera lui aussi, selon toute vraisemblance, à Genève. Même les pays occidentaux, si volontiers donneurs de leçon, n’ont pas jugé bon d’offrir un choix à l’Assemblée générale de l’ONU. Seules l’Espagne et l’Australie ont fait acte de candidature. Idem en Amérique latine avec trois candidats pour trois sièges à repourvoir: le Chili, le Mexique et le Pérou.

Lire aussi: «Sévère réquisitoire «trumpien» contre le Conseil des droits de l’homme»

Trump et le Conseil des droits de l'homme

A noter que les Etats-Unis siègent au Conseil des droits de l’homme. Leur mandat se terminera fin 2019. D’ici là, Donald Trump pourrait toutefois claquer la porte de l’instance, qu’il accuse d’être anti-israélienne.

En raison du poids des pays arabes et musulmans, de nombreuses résolutions condamnent année après année l’Etat hébreu pour son occupation des territoires palestiniens. Le même reproche était adressé par Washington à l’Unesco, dont l’administration Trump a annoncé son retrait jeudi.

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