L’essentiel

L’Allemagne envisage une campagne de dépistage massive, avec un objectif de 200 000 tests par jour. Elle s’inspire de la méthode adoptée en Corée du Sud.

En Belgique, les autorités, qui annoncent le franchissement du seuil de 500 décès, parlent d’une «diminution de la force de l’épidémie».

Les Jeux olympiques de Tokyo 2020 débuteront le 23 juillet 2021 soit presque un an pour jour pour jour après la date initialement prévue.

L’Office fédéral de la santé publique a indiqué que la progression du nombre de personnes atteintes en Suisse a été similaire ces derniers jours.

Retrouvez les nouvelles de samedi et de dimanche.


■ Ignazio Cassis en visite au Tessin

Le Conseiller fédéral tessinois a assuré son canton du soutien de la Confédération, lors d’une conférence de presse à Bellinzone. Le fait que le gouvernement ait donné son aval après coup aux mesures plus restrictives décidées par le Tessin est «un fort signal de cohésion», a souligné de son côté le président du Conseil d’Etat tessinois Christian Vitta.

Je prie la population de faire confiance au Conseil fédéral

Ignazio Cassis

Ignazio Cassis a également remercié le gouvernement du Tessin et le personnel médical pour leur travail dans cette crise. Comme ancien médecin cantonal, il sait quel marathon ils disputent.


■ Exercices pour période de confinement

Nous avons demandé les conseils du physiothérapeute Sebastien Buchard:


■ Genève sanctionne deux établissements qui sont restés ouverts

Le Ministère public genevois a indiqué avoir «prononcé les premières ordonnances pénales sanctionnant le maintien en activité d’établissements dont la fermeture a été ordonnée par le Conseil fédéral».

Il s’agit d’un «restaurant ayant maintenu un service sur place en plus de l’activité, autorisée, de vente à l’emporter» ainsi que d’un «salon érotique». Les exploitants de ces deux lieux ont été condamnés à 180 jours-amende avec sursis, et des «amendes immédiates» de 3240 et 1080 francs.


■ En Hongrie, concentration du pouvoir entre les mains de Viktor Orban

Le parlement hongrois a adopté un projet de loi controversé permettant au gouvernement de Viktor Orban de légiférer par ordonnances, dans un régime d’état d’urgence sans durée déterminée au motif de lutter contre l’épidémie. Le gouvernement peut désormais «suspendre l’utilisation de certaines lois par décret, s’écarter des dispositions statutaires et introduire d’autres mesures extraordinaires», par ordonnances gouvernementales, dans le but de garantir «santé, sécurité personnelle et matérielle des citoyens, ainsi que l’économie».

La loi, décriée par l’opposition hongroise, a été adoptée par 137 votes pour tandis que 53 députés ont voté contre. Elle instaure aussi jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de «fausses nouvelles» sur le virus ou les mesures du gouvernement.


■ Un Van Gogh dérobé dans un musée fermé

Le jardin du presbytère de Nuenen au printemps, un tableau du célèbre peintre néerlandais, dont on fête ce lundi jour pour jour le 167e anniversaire de la naissance, a été volé dans le musée Singer Laren aux Pays-Bas, a annoncé lundi le directeur de l’établissement. Le musée est actuellement fermé en raison de la pandémie.


■ Les masques bientôt obligatoires dans les supermarchés en Autriche

Les supermarchés autrichiens vont fournir à leurs clients des masques de type chirurgicaux, à usage unique. «La distribution» de ces protections débutera mercredi, a annoncé le chancelier Sebastian Kurz. Il table sur «quelques jours» pour que toutes les grandes surfaces puissent en mettre à disposition. «A partir de ce moment, il sera obligatoire de les porter au supermarché», a-t-il indiqué, reconnaissant qu’il s’agissait là d’un «changement de culture à venir».

Ce n’est pas dans nos coutumes mais on doit s’y mettre pour protéger les autres

Sebastian Kurz

La République tchèque et la Slovénie ont déjà imposé le port du masque dans l’espace public. En Suisse, une telle mesure «n’est pas à l’ordre du jour», a affirmé le responsable des maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique Daniel Koch.

Le gouvernement, qui a décrété des mesures de confinement jusqu’au 13 avril, estime que c’est «le calme avant la tempête» pour l’Autriche qui compte 9100 cas déclarés ayant fait 108 morts.

A propos des masques: La très payante diplomatie chinoise du masqueEt des supermarchés: Faire ses courses sans risques: les gestes à adopter.


■ Les JO auront lieu en juillet 2021 à Tokyo

Les Jeux olympiques de Tokyo 2020 ouvriront le vendredi 23 juillet 2021, ont annoncé lundi les organisateurs, soit quasiment un an pour jour pour jour après la date initialement prévue, le 24 juillet 2020.

Notre revue de presse de la semaine passée: Les Japonais à la fois déçus et soulagés par le report de «leurs» Jeux olympiques


L’administration fédérale prépare un autre calcul des décès

La polémique sur les chiffres annoncés par les différentes instances en Europe n’en finit d’agiter les débats.

En France par exemple, les chiffres donnés par l’Etat ne portent que sur les décès annoncés par les hôpitaux. Ils n’incluent pas par exemple ceux qui surviennent dans les Ehpad (les EMS), ce qui fait dire à certains que le total est très bas par rapport à la réalité.

La semaine passée, une vive polémique est apparue en Italie, où les bilans sont aussi accusés d’être sous-estimés.

Interrogé ce lundi à ce propos, le responsable des maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique Daniel Koch a apporté une précision: «Nos chiffres sont basés sur les déclarations de décès. Ils ne comprennent donc pas uniquement les hôpitaux, mais aussi les médecins qui annoncent un décès lié au virus.»

Il se garde néanmoins d’affirmer que l’OFSP est exhaustif. Il indique d’ailleurs que l’Office se livre ces jours à une autre analyse, le calcul des décès par surmortalité – la méthode utilisée pour la grippe saisonnière, par exemple.

A ce propos: L’informaticien qui défie la Berne officielle


■ Un tiers des aides économiques est déjà engagé

Des instances de l’administration fédérale ont tenu un point de presse de début de semaine. Revoyez ici la vidéo.

La crainte de Pâques. Daniel Koch, le responsable des maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique, se réjouit de la popularité des mesures d’hygiène (voir le sondage cité plus bas dans ce suivi). Il laisse toutefois entrevoir une certaine crainte à propos des jours de congés et vacances de Pâques à venir.

Il annonce que 285 personnes sont sous assistance respiratoire, le chiffre était de 280 samedi.

A son pointage de mi-journée, l’Office a déclaré 15 475 cas testés positifs dans le pays, soit 1201 de plus que dimanche à la même heure.

Une progression «ralentie». Daniel Koch signale que la hausse se révèle identique ces derniers jours, mais «il est trop tôt pour en tirer une conclusion». A la question – du Temps – de savoir si on peut dire que la hausse exponentielle du virus est finie, il répond: «Elle n’est pas arrêtée, mais ralentie.» Puisque le pansement au front du désormais fameux responsable de l’OFSP intrigue les journalistes – et sans doute les curieux sur Youtube –, il précise que cela n’a rien à voir avec le virus, c’est un bobo domestique dû à «une porte».

6,7 milliards demandés. Membre du Secrétariat d’Etat à l’économie, Eric Jakob relève que 6,6 milliards de francs ont déjà été demandés dans le cadre des crédits d’appui, sur 20 milliards prévus.

Cela signifie qu’un tiers des 20 milliards de francs d’aide prévu par le Conseil fédéral a été alloué.


■ Selon plusieurs responsables, l’avenir de l’UE se joue ces jours

L’AFP a cité des propos de dirigeants, ou anciens ministres, italiens et français.

Le président du parlement italien David Sassoli a déclaré au Corriere della Sera: «Sans solidarité, les liens et les raisons d’être ensemble tombent à l’eau… Il est également vrai […] que l’Europe se forge à travers les crises qu’elle affronte. L’Europe peut devenir plus forte», à condition «que nos pays comprennent qu’ils ne peuvent s’en sortir en s’engageant dans le chacun pour soi».

«Je pense que certains pays n’ont pas perçu la mesure de la catastrophe qui nous guette et ne se rendent pas compte de la gravité de la situation pour leurs propres économies», lance-t-il encore.

L’appel est clair à l’attention des pays du nord. Le débat porte notamment sur l’émission d’emprunts mutualisés, les «eurobonds», que rejettent jusqu’ici l’Allemagne ou les Pays-Bas.

Selon l’ex-président de la Commission européenne, Jacques Delors, «le climat qui semble régner entre les chefs d’Etat et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l’Union européenne».

Le commissaire européen à l’Economie, l’Italien Paolo Gentiloni, affirme de son côté que «le projet européen risque de sombrer. Il est clair que si les divergences économiques entre pays européens augmentent et si la crise accroît les différences entre divers pays européens, au lieu de (les) diminuer […], il sera très difficile de maintenir en l’état le projet européen».

L’ancien chef du gouvernement italien souligne par ailleurs qu’une solution doit être trouvée «inévitablement à travers un dialogue avec l’Allemagne sans laquelle on ne trouvera pas un compromis». Il ajoute: «Malheureusement, dans la dynamique des rapports entre les Etats européens, c’est la clé de lecture des crises précédentes qui a pris le dessus. Le fait est que cette discussion, qui est absolument légitime, n’est pas adaptée à la situation que nous vivons.»

Enfin, Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien, insiste dans une interview au quotidien espagnol El Pais: il s’en prend aux pays qui «raisonnent avec un regard vieux, dépassé. Une approche inadéquate pour cette crise. Il ne s’agit pas d’une crise économique qui toucherait des pays moins vertueux que d’autres, c’est une crise sanitaire qui a explosé dans le domaine économique et social. C’est un défi historique pour toute l’Europe.»

Et pour éviter tout malentendu possible sur la mutualisation de la dette, il a martelé que «l’Italie ne demande pas le partage de sa dette publique accumulée. Cette dette restera à la charge de chaque pays», assure-t-il. «C’est le moment d’introduire un instrument de dette commune européenne qui nous permettra de remporter cette guerre (contre le virus, ndlr) aussi vite que possible et de relancer l’économie» alors que l’Italie terminera 2020 en récession en raison de l’épidémie.»

Notre éditorial de ce lundi: Le coronavirus et l’indispensable révolte européenne


■ Les Suisses assurent qu’ils respectent les consignes

Plus de neuf personnes sur dix affirment connaître et appliquer les mesures de prévention, affirme l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur la base d’un sondage.

Ainsi, 92% des sondés disent avoir connaissance de la campagne de la Confédération, signale une enquête réalisée par les instituts Demo Scope et sotomo sur mandat de l’OFSP.

Les autres règles, comme de «ne pas se serrer la main», «tousser et éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude», «garder ses distances» ou «rester à la maison en cas de fièvre ou de toux» sont tout aussi connues, avec un taux de 95%. Le fait qu’il faut s’annoncer par téléphone avant d’aller aux urgences ou chez le médecin est un peu moins suivi avec un taux de 90%.

L’Office se réjouit du fait que les messages ne sont pas seulement connus, ils sont aussi acceptés. Près de neuf sondés sur dix affirment ne plus serrer la main et quatre sur cinq affirment tousser dans leur coude. Trois quarts des personnes se lavent soigneusement les mains et 70% respectent la distanciation sociale.


■ La Belgique annonce 500 décès et parle de «point d’inflexion»

Le coronavirus a causé la mort de plus de 500 personnes en Belgique, un cap franchi lundi selon les données officielles des autorités sanitaires. Celles-ci recensent près de 12 000 cas confirmés depuis le début de la pandémie, résume l’AFP.

Lundi, 513 décès étaient dénombrés, soit 160 supplémentaires au cours du week-end, et 11 899 cas de Covid-19 confirmés par un test de laboratoire, dans ce pays de 11,4 millions d’habitants.

La progression du nombre d’hospitalisations (4524 au total) et d’admissions en soins intensifs (927) liées à la maladie a légèrement ralenti au cours des dernières 24 heures, ont toutefois relevé les porte-parole des autorités pour cette pandémie.

«On n’est pas au pic (de l’épidémie) mais à ce qu’on appelle le point d’inflexion. Cela veut dire que la force de l’épidémie commence à diminuer grâce aux efforts que nous avons tous réalisés ces 15 derniers jours».

Au dernier pointage en date, la Suisse compte plus de 15 000 cas et totalise 312 décès.


■ Renault redémarre ses usines chinoise et coréenne

Renault écrit ce lundi: «Compte tenu de l’impact de la crise sanitaire de Covid-19, toutes les usines du Groupe sont désormais à l’arrêt, à l’exception des usines en Chine et en Corée du Sud qui ont repris leur activité ou sont en cours de reprise».

La production a été interrompue à la fin du mois de janvier sur le site de Wuhan, la ville chinoise considérée comme le foyer du coronavirus. L’usine fabrique 150 000 voitures par an.

L’usine de Busan, en Corée, qui fabrique annuellement 216 000 véhicules, a elle été arrêtée le 7 février.


■ Début de semaine morose pour les bourses

Les marchés boursiers commencent la semaine dans le rouge. Emboîtant le pas à Wall Street, l’Asie a cédé au pessimisme, Tokyo perdant notamment 1,57% à la clôture.

L’Europe suit la même trajectoire. Vers 11h10, Paris baissait de 1,02%, Londres de 1,60% et Francfort de 0,52%. Milan reculait de 0,64% tandis que Madrid s’enfonçait de 2,43%.


■ 70 000 indépendants ont fait appel à l’assurance perte de gain

En l’espace de cinq jours, les caisses de compensation ont enregistré plus de 70 000 demandes d’allocations pour perte de gain en lien avec le coronavirus. Cela correspond à un cinquième des travailleurs indépendants en Suisse, annonce la la Conférence des caisses cantonales de compensation, que cite l’agence ATS. La grande majorité fait valoir la fermeture de l’entreprise en raison des mesures prises par le Conseil fédéral.

Seuls les indépendants directement touchés par l’arrêt des activités ordonné le 16 mars par le Conseil fédéral ont droit à la nouvelle allocation coronavirus.

En bénéficient également les personnes en quarantaine sur ordonnance d’un médecin ou dont la prise en charge des enfants de moins de 12 ans par un tiers n’est plus assurée.

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■ A Moscou, un confinement plutôt strict

Premier jour de confinement: ce lundi matin à Moscou, de nombreuses rues du centre-ville sont quasi-désertiques, mais beaucoup de voitures individuelles circulent encore, relève une journaliste de l’AFP. Elle précise que le trafic est cependant beaucoup moins chaotique et embouteillé qu’il ne l’est d’ordinaire à ce moment-là.

Les Moscovites sont autorisés à sortir de chez eux pour se rendre au travail, pour les urgences médicales, pour se ravitailler au supermarché le plus proche ou aller dans une pharmacie.

Ils ont également le droit de sortir les poubelles et de promener leur chien, dans un rayon de 100 m autour de leur domicile. Des mesures analogues ont été décrétées dans la région entourant la capitale.

Le pays doit se préparer à un tel confinement, a indiqué le premier ministre Mikhaïl Michoustine.


■ Cette fois, EasyJet immobilise la totalité de sa flotte

La compagnie aérienne britannique EasyJet a indiqué lundi qu’elle allait immobiliser l’ensemble de sa flotte pour une durée indéterminée à cause de la pandémie de coronavirus et des nombreux pays européens en confinement.

Elle avait déjà annoncé il y a dix jours qu’elle maintiendrait au sol la majorité de ses avions à cause de la paralysie du trafic mondial.

«Ces derniers jours EasyJet a participé au rapatriement de clients avec 650 vols à ce jour pour ramener chez eux plus de 45 000 clients», le dernier ayant eu lieu dimanche, souligne la compagnie à bas prix dans un communiqué (pas encore placé sur leur site médias).

«Nous allons continuer à travailler avec les autorités pour mettre en place des vols de sauvetage supplémentaires selon leurs demandes», ajoute-t-elle. «A ce stade il n’y a aucune certitude sur la date à laquelle les vols commerciaux pourront recommencer.»

Rappelons que sur le plan local, EasyJet pèse pour 40% du trafic de Cointrin.

A ce sujet: Deux tiers de vols en moins à Genève Aéroport


■ Les prévisions économiques du KOF dégringolent

L’institut de recherche conjoncturelle zurichois, le KOF, a revu à la baisse ses prévisions de manière sévère. Elles atteignent un niveau inédit depuis l’abandon du taux plancher en janvier 2015.

Cet indicateur très suivi par les milieux économiques a chuté en mars à 92,9 points, contre 101,8 points (chiffre révisé) le mois précédent. Le KOF a cependant averti qu’une grande partie des réponses au sondage mensuel lui sont parvenues en première partie de mois, soit avant les mesures sanitaires restrictives décrétées par le Conseil fédéral.

Les économistes interrogés par l’agence AWP se montraient plus pessimistes. Ils voyaient l’indice s’établir entre 82,0 et 90,0 points.


■ L’Allemagne veut augmenter les tests

Pour empêcher une saturation de ses hôpitaux, où le personnel manque, l’Allemagne est en train d’adopter la stratégie choisie par la Corée du Sud face au coronavirus, relate l’agence AFP.

Souvent montrée en exemple en Europe pour la gestion de l’épidémie, l’Allemagne pratique déjà, selon les autorités, entre 300 000 et 500 000 dépistages par semaine, un rythme plus élevé que nombre de ses voisins européens. Le gouvernement d’Angela Merkel ne compte pas s’arrêter là: un document du ministère de l’Intérieur, que viennent de révéler plusieurs médias, prescrit une stratégie inspirée de la Corée du Sud, avec pas moins de 200 000 tests par jour.

Seraient désormais testés tous ceux qui pensent être atteints du Covid-19, ainsi que toutes les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec un malade, stipule ce document.


■ Le point global en ce début de semaine

Le bilan de l’AFP de dimanche soir fait état de près de 697 750 cas d’infection, dont au moins 33 244 décès, dans 183 pays et territoires.

Quelque 23 860 personnes sont mortes en Europe, continent le plus durement touché.