«Un crime ne peut être justifié d’aucune manière. Nous sommes tenus de préserver la mémoire du passé. Nous n’avons pas le pouvoir de changer le passé, mais nous pouvons rétablir la vérité et la justice historiques», a estimé le dirigeant russe au cours d’une cérémonie officielle au cimetière de Katyn. Pendant un demi-siècle, l’URSS a rejeté sur l’Allemagne nazie la responsabilité du massacre d’officiers polonais. Ce n’est qu’en 1990 que Mikhaïl Gorbatchev a reconnu la culpabilité de Moscou.

«Un mensonge a été entretenu pendant des décennies, mais on ne doit pas faire endosser ce mensonge au peuple russe», a insisté M. Poutine, en soulignant «le côté inhumain du totalitarisme», responsable à la fois «d’une mort en martyrs de citoyens soviétiques et d’officiers polonais». Le Premier ministre russe n’a toutefois prononcé à aucun moment le mot de pardon, que certains attendaient de lui en Pologne.

«Au nom des relations futures entre nos deux pays, nous devons éviter l’écueil des malentendus», a-t-il dit. «Dans l’Europe du XXIè siècle, il n’y a pas d’alternative à un bon voisinage entre la Pologne et la Russie», a-t-il ajouté.

Le souvenir de Katyn continue à peser sur les relations polono-russes, devenues difficiles depuis le choix résolu de la Pologne, satellite de l’URSS pendant un demi-siècle, de rejoindre le camp occidental avec l’adhésion à l’Otan en 1999 et à l’Union européenne en 2004.