Stupéfiants

La mastication de feuilles de coca est à nouveau autorisée en Bolivie

Des milliers de Boliviens ont salué lundi en mâchant des feuilles de coca la réintégration de leur pays à la Convention de Vienne. Le traité onusien sur la lutte contre les stupéfiants inclut désormais une clause permettant de continuer cette pratique millénaire dans les Andes

Le président bolivien Evo Morales en tête, des manifestations pour célébrer cette décision se sont déroulées dans toutes les régions du pays. «La feuille de coca n’est plus considérée comme de la cocaïne, c’est un triomphe de notre identité», s’est félicité Evo Morales au cours d’un meeting dans la région de Cochabamba.

La Bolivie a obtenu vendredi le droit de réintégrer le traité onusien sur la lutte contre les stupéfiants avec une clause spécifique permettant à sa population de continuer à mâcher des feuilles de coca. «Non seulement nous avons légalisé la mastication mais aussi la culture de la feuille de coca, c’est un double triomphe», s’est exclamé le chef de l’Etat, lui-même ancien agriculteur de coca.

La Bolivie s’était retirée de la Convention sur les stupéfiants de 1961 en 2011 en signe de protestation face à l’inscription de la feuille de coca sur la liste des produits stupéfiants.

La mastication et l’infusion de la coca constituent des pratiques traditionnelles dans les Andes, à des fins thérapeutiques, contre la faim, la fatigue et les effets de l’altitude, en plus des usages rituels. Mais la feuille de coca sert aussi à produire de la cocaïne.

Depuis 2011, Evo Morales milite pour la légalisation de la mastication de la feuille de coca. Il avait qualifié son inscription sur les listes de stupéfiants d’«erreur historique».

Sachets distribués

La réintégration de son pays à la Convention de 1961, avec cette réserve sur la feuille de coca, était possible à condition qu’un tiers des 183 Etats membres ne s’y opposent pas. Selon l’ONU, seuls quinze d’entre eux l’ont fait, dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, le Canada, l’Allemagne et la Russie.

«J’ai 70 ans et je mâche la feuille de coca depuis que j’ai 15 ans, c’est un aliment pour moi», a expliqué Teodoro Chura lors du rassemblement organisé dans un quartier populaire de La Paz par des producteurs de coca de la région. Parcourant les rues du centre de la capitale et brandissant le drapeau bolivien, des cultivateurs ont distribué aux passants des sachets de feuille de coca.

Publicité