Italie

Matteo Renzi quitte la tête de son parti pour reprendre la main

L’ancien chef du gouvernement italien Matteo Renzi a démissionné de son poste de secrétaire général au sein du Parti démocrate, dans l’espoir de reprendre la main face à une minorité plus à gauche qui menace de faire sécession

Cette démission lui permet d’obtenir, conformément aux statuts du Parti démocrate (PD), un congrès, prévu en juin, où il compte alors être réélu secrétaire général.

L’ancien chef du gouvernement italien espère ainsi réduire ses opposants au silence, mais certains, y compris au sein de son parti, s’inquiètent des conséquences de cette guerre fratricide pour le centre-gauche à moins d’un an des législatives.

En ligne de mire, le retour au pouvoir

Matteo Renzi, 42 ans, avait déjà démissionné fin 2016 de son poste de président du Conseil après le non massif des Italiens à un référendum constitutionnel défendu alors par son gouvernement.

Depuis, la fronde d’une partie du PD s’est accentuée, incitant M. Renzi à bousculer le calendrier de son parti, en réclamant ce congrès, et à revenir en force sur le devant de la scène politique avec en ligne de mire son retour au pouvoir.

Elections anticipées réclamées

Selon les statuts du PD, le secrétaire général devient en effet le nouveau président du Conseil en cas de victoire aux législatives de cette formation, qui fête cette année ses dix ans d’existence.

Les élections sont normalement prévues l’an prochain, mais Matteo Renzi et d’autres formations politiques italiennes, dont le Mouvement Cinq Etoiles (populiste) réclament des élections anticipées. Celles-ci pourraient avoir lieu au plus tôt en septembre, après le congrès du PD.

Menace de scission

Mais la bataille au sein du PD s’annonce rude entre le camp de l’ancien chef du gouvernement et celui des «frondeurs», dont certains ont brandi ce week-end la menace d’une scission, au risque d’affaiblir le parti mais aussi le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni, dont le PD est le principal soutien. Une scission «affaiblirait le gouvernement», a ainsi averti le ministre des Transports Graziano Delrio, un proche de Matteo Renzi.

Matteo Renzi, qui accuse la minorité de l’avoir systématiquement combattu, y compris lorsqu’il était à la tête du gouvernement, semble avoir fait le pari qu’elle y renoncera. Certains «frondeurs» paraissent en effet hésiter. En cas de scission, «nous serions tous perdants», a ainsi averti Gianni Cuperlo, l’un des ténors de cette minorité.

Il est inacceptable pour un parti d’être bloqué par les diktats de sa minorité

Un autre de ces «frondeurs», le gouverneur de la région des Pouilles, Michele Emiliano, a dit aussi vouloir croire à une solution préservant l’unité du parti. «Rester ensemble est à portée de main», a-t-il dit avant d’aller serrer la main de Matteo Renzi, un geste remarqué dans la salle où s’est réunie dimanche l’assemblée du PD.

Le secrétaire général démissionnaire n’a pourtant pas mâché ses mots à l’encontre de la minorité, au risque d’apparaître comme le responsable de la crise dans laquelle est plongé son parti, et de favoriser ainsi l’opposition de centre-droit ou populiste du Mouvement Cinq Etoiles.

«Le mot schisme est l’un des pires qui soient, un seul est pire encore, celui de chantage. Il est inacceptable pour un parti d’être bloqué par les diktats de sa minorité», a assuré dimanche M. Renzi.

Changement de direction demandé

Les «frondeurs» lui reprochent de leur côté de ne pas prendre en compte leur point de vue et de mener une politique trop éloignée des valeurs de la gauche.

«Nous ne disons pas que nous voulons que Renzi fasse ses valises, nous disons que nous voulons un changement urgent dans la direction» du parti, a déclaré Pierlugi Bersani, ancien secrétaire général du PD et l’un des chefs de file de la minorité.


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