A Rome, la rue relie Largo Argentina, où aurait été assassiné Jules César, à la Piazza Venezia, ouvrant sur le forum impérial. C’est là aussi qu’en 1978 a été découvert le corps de l’ancien premier ministre assassiné Aldo Moro, abandonné par les Brigades rouges. Et l’endroit a également hébergé jusqu’en 1991 le siège du Parti communiste italien (PCI). Près de trois décennies plus tard, la rue des botteghe oscure (commerces obscurs) a été choisie par Matteo Salvini pour y accueillir le premier siège de la Ligue dans la capitale italienne. Le parti d’extrême droite a signé le contrat de location le 1er août dernier. Son inauguration officielle était attendue fin juillet mais a été remise à une date ultérieure.

Pour un court instant, cette nouvelle avait permis au leader politique de s’approprier de nouveau les lumières médiatiques. Le coronavirus l’en avait exclu depuis fin février. Début juillet, évoquant la localisation de son futur siège romain, Matteo Salvini avait irrité ses opposants en faisant siennes des «valeurs d’une certaine gauche qui n’existe plus, celle de [Enrico] Berlinguer», le secrétaire du PCI dans les années 1970 et 1980. «Travail, usines, ouvriers, enseignants, agriculteurs, artisans», autant de réalités aujourd’hui défendues par la Ligue, soutenait-il à la télévision.