Dans la course au populisme contre Nigel Farage, le leader de l’Ukip, le parti souverainiste et eurosceptique britannique qui a le vent en poupe, David Cameron reste derrière. Lors du sommet européen vendredi dernier, il a volé la vedette, mais sa mauvaise foi a été vite mise à nu à Bruxelles.

Le premier ministre britannique, dont le Parti conservateur doit faire face aux élections générales en mai 2015, a voulu soulever une tempête à propos d’une facture de 2,1 milliards d’euros que lui a présentée la Commission. «Je ne la paierai jamais et ceux qui pensent que je vais le faire seront déçus», a-t-il tonné. La presse britannique, mais aussi continentale, s’en est régalée et a fait un large écho de la fanfaronnade du locataire du 10, Downing Street.

David Cameron n’a toutefois pas dit toute la vérité. Dans la forme d’abord. Il a laissé entendre qu’il avait appris la nouvelle la veille, d’où sa surprise et colère. La vérité est que ses services diplomatiques ont travaillé durant plusieurs séances avec leurs homologues des Vingt-Huit pour arriver à ce chiffre. Par la suite, une communication officielle a été envoyée à Londres le 17 octobre.

Sur le fond ensuite. La répartition des contributions est un exercice annuel fait par les ambassadeurs de tous les Etats membres de l’UE sur la base du revenu national brut, plus connu sous son acronyme anglais GNI. Le réajustement s’impose du fait que le GNI change d’année en année. Le chiffre du GNI est fourni par les autorités statistiques de chaque pays. L’an dernier, l’économie britannique a évolué relativement mieux que d’autres pays et ce n’est donc pas surprenant que Londres soit appelé à payer un peu plus. En 2014, le budget communautaire s’élève à 135 milliards d’euros et la contribution de Londres est de 10 milliards.

Deux milliards? Les diplomates britanniques savent que cette somme comprend également un réajustement nécessaire sur les contributions de plusieurs années.

Enfin, David Cameron a soigneusement omis de dire que parfois le Royaume-Uni a droit à un rabais, comme en 2008. Il n’a non plus pas dit que Londres va toucher une somme de 500 millions d’euros en mai prochain, le fruit d’un autre ajustement comptable.

Le commissaire européen au Budget Jacek Dominik a évidemment été étonné par la surprise de David Cameron. D’autant plus que les diplomates britanniques qui ont directement participé aux calculs n’ont jamais soulevé une quelconque objection. Mais en début de semaine, il a mis les points sur les i. Londres a jusqu’au 1er décembre pour passer à la caisse. Passé cette date, il deviendra amendable!