L'organisation non gouvernementale Médecins sans frontières (MSF) a annoncé lundi l'arrêt de ses opérations dans le nord du Kosovo pour dénoncer «le nettoyage ethnique» dans cette partie de la province. «Les groupes ethniques sont continuellement terrorisés. Il y a des actes de violence organisés contre eux. Cela s'apparente à du nettoyage ethnique, tout au moins à de l'homogénéisation ethnique», a déclaré le chef de mission de MSF dans le nord du Kosovo, Philippe Rosen. «Nous refusons d'être des complices de ce qui se passe. Nous refusons de rester silencieux devant le manque d'action efficace de la communauté internationale.»

Les Serbes et les Rom (Tziganes), minoritaires au Kosovo, sont en effet régulièrement victimes d'attaques, tout comme les Albanais dans la partie nord de la ville divisée de Kosovska Mitrovica où ils sont minoritaires. «Nous avons pris cette décision devant la dégradation continuelle de la situation, au mieux de la stabilisation dans certaines enclaves», a poursuivi Philippe Rosen. «Les actes de violence contre les minorités sont permanents: coups de téléphone, menaces pour forcer les gens à partir, inconnus qui passent en voiture et tirent sur les gens», a-t-il ajouté.

MSF, qui travaille auprès des «groupes ethniques minoritaires» au Kosovo, arrête ses opérations médicales à Mitrovica et dans les enclaves serbes autour de Srbica et de Vucitrn, a précisé Philippe Rosen. Le travail de la section belge de MSF dans le nord consistait essentiellement à soigner les gens à domicile et dans des cliniques mobiles. MSF, via ses sections française et espagnole, poursuit toutefois ses activités dans le reste du Kosovo.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait suspendu fin juin pendant cinq jours ses opérations dans la partie serbe de Mitrovica pour protester contre des attaques répétées contre des personnels et des véhicules d'organisations internationales. Plusieurs autres ONG avaient dans la foulée arrêté leurs activités, mais pas MSF, expliquant qu'elle continuait à travailler en raison des «besoins importants des populations».

AFP