«Nous devons choisir qui soigner et qui ne pas soigner. Nous décidons selon l’âge et les conditions de santé. Comme dans une situation de guerre.» Le témoignage sans filtre de ce médecin de Bergame, épicentre de l’épidémie de coronavirus en Lombardie, la région la plus touchée, a été un électrochoc. Lorsque les Italiens l’ont découvert lundi matin dans les colonnes du Corriere della Sera, 17 millions d’entre eux venaient de passer leur première nuit en zone orange. Un décret gouvernemental la veille les avait invités à limiter leurs déplacements et à rester chez eux.

Avancée rapide

En fin de journée cependant, Rome a pris acte de l’avancée toujours plus rapide du virus et de comportements irresponsables observés un peu partout, comme l’exode vers le sud lors de l’annonce des nouvelles mesures. Il a donc été décidé de mettre la Péninsule tout entière en isolement. Le premier ministre Giuseppe Conte l’a annoncé en direct dans la soirée, au moment où les Italiens sortaient de table en regardant les journaux télévisés. Si le pays veut vraiment endiguer cette épidémie, «il faut changer nos habitudes tout de suite, a martelé le président du Conseil. Le futur de l’Italie est entre nos mains.» La crainte des autorités est de voir la situation sanitaire critique du Nord se répandre dans le Sud, où le système de santé est plus fragile.