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Sophia Chirikou, cofondatrice de «Le Média», 26 février 2018.
© Capture d'écran du Média du 26 février 2018 via 20 minutes.ch ©

France

Le Média, des leçons de morale aux règlements de comptes

Cofondatrice démissionnaire de la webtélé de la gauche radicale, Sophia Chikirou menace ses anciens amis de poursuites judiciaires alors qu’ils mettent en cause sa gestion. Le Média, qui voulait révolutionner la presse, est en plein psychodrame

On croirait entendre Jean-Luc Mélenchon et ses amis de La France insoumise fustiger la présidence d’Emmanuel Macron: «autoritarisme», «gouvernance solitaire», «purge», «chasse aux sorcières»… Sauf que ce sont les propres amis de Jean-Luc Mélenchon qui s’écharpent et s’étripent à propos du média alternatif de gauche créé en janvier, une webtélé baptisée Le Média.

Le Média insoumis

A l’origine, il s’agissait, sur l’air de «vous allez voir ce que vous allez voir», de réinventer le journalisme et la gestion des médias, de faire la nique et la morale à la méchante presse capitaliste et libérale, aux médias officiels «aux ordres» du pouvoir, de lancer un média «différent, progressiste, humaniste, féministe, antiraciste, citoyen». Et bien sûr de gauche, en niant tout lien direct avec Jean-Luc Mélenchon.

Lire aussi: Des médias indociles encore en quête d’un modèle alternatif

Un été, des règlements de comptes

Sur les fonts baptismaux du Média s’étaient penchés trois cofondateurs: Sophia Chikirou, ancienne conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon, le producteur Henri Poulain et le psychanalyste Gérard Miller. Financé par des lecteurs et/ou sympathisants rebaptisés les «socios» (autour de 19 000 personnes annoncées en juin), Le Média devait tout révolutionner sur fond d’«altruisme et de «solidarité». Mais en ce premier été d’existence, tout explose et il n’est plus question que de règlements de comptes.

En juillet, Sophia Chikirou avait démissionné de ses fonctions pour partir préparer la campagne de la future liste de La France insoumise aux élections européennes de mai 2019. En guise de cadeau de départ, elle a réclamé, en deux fois, une somme totale de 130 000 euros pour sa société de communication, Mediascop, au titre de «l’élaboration de la stratégie marketing et communication sur le web, la communication extérieure et la supervision quotidienne de sa mise en œuvre». Petit problème: Sophia Chikirou était censée être bénévole.

Une seconde somme de 67 000 euros lui a donc été refusée, sa gestion des finances de l’entreprise est mise en cause et elle menace de traîner en justice ses anciens amis.

A son tour, Gérard Miller a jeté l’éponge et, dans une lettre ouverte à Sophie Chikirou, n’y va pas de main morte, accusant l’ancienne dirigeante de vouloir «tuer» Le Média, et surtout écrivant: «C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé, point final.»

«Purge» et difficultés

Au sein de la rédaction du Média, l’ambiance est tout aussi délétère. L’équipe (12 journalistes sur un total de 35 salariés) avait déjà été secouée au printemps par le licenciement sans ménagement d’Aude Rossigneux, qui présentait le journal télévisé du Média; puis par l’acharnement du Média à faire croire, plusieurs jours durant, qu’un étudiant était dans le coma à Paris à cause de violences policières. Un faux scoop repris par certaines personnalités de La France insoumise. Cette fois, alors qu’Aude Lancelin (ancienne de L’Obs) a succédé à Sophia Chikirou, c’est la guerre entre deux clans, les proches de Sophia Chikirou parlant de «purge» et évoquant «des tentatives communautaires ou identitaires». En clair: selon eux, il ne serait pas bien vu d’être un quinquagénaire blanc au Média.

La «saison 2» du Média doit commencer en septembre, sans le JT quotidien mais avec de l’investigation et de la critique des médias, sans autre précision. Certains salariés, en contrat à durée déterminée, attendent toujours le CDI qui leur avait été promis. Un comble, au pays des défenseurs des droits des travailleurs. Le Média voulait «faire différent» des autres. Pour l’instant, il a surtout fait pire.

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