La mère de Tristane Banon a chargé Dominique Strauss-Kahn lors de son audition devant la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire, à Paris, le 13 juillet dernier. Anne Mansouret a décrit l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) comme «un prédateur, qui cherche non pas à plaire mais à prendre», qui «se comporte avec l’obscénité d’un soudard», et chez qui «le besoin sexuel déclenche un processus de domination», selon l’hebdomadaire français L’Express. La conseillère générale socialiste de l’Eure tire cette conviction de son expérience personnelle. Elle a en effet révélé aux enquêteurs avoir eu une relation sexuelle consentie avec DSK au début des années 2000. Selon Anne Mansouret, cette relation était «clairement brutale». La mère de Tristane Banon a également expliqué avoir voulu témoigner pour soutenir sa fille, qui a porté plainte contre DSK pour tentative de viol.

L’agression supposée s’est déroulée dans un appartement du centre de Paris en février 2003. Tristane Banon y a rencontré DSK pour un entretien dans le cadre de la préparation de son livre «Erreurs avouées (au masculin)». Dominique Strauss-Kahn connaît bien Tristane Banon puisqu’elle est la filleule de sa deuxième épouse, Brigitte Guillemette. Mais pour DSK, les accusations de la jeune femme sont «imaginaires». Ses avocats ont déposé plainte pour dénonciation calomnieuse auprès du Parquet de Paris.

Interrogée par les enquêteurs le 11 juillet dernier, Tristane Banon a déclaré s’être confiée après les faits à plusieurs personnalités, dont François Hollande et Patrick Poivre d’Arvor. La journaliste-écrivaine a assuré que François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste (PS), l’avait contactée peu après pour savoir si elle allait bien. Il aurait également évoqué l’affaire à plusieurs reprises avec sa mère, Anne Mansouret. D’après le journal Le Monde, le candidat à la primaire socialiste a reconnu avoir eu vent d’un «incident» entre Tristane Banon et l’ancien patron du FMI. Il en aurait parlé avec Anne Mansouret et lui aurait conseillé d’aller voir la police.

La priorité de la police est de vérifier si les déclarations de Tristane Banon sont crédibles. A ce titre, François Hollande sera entendu par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire. La date de l’audition n’a pas encore été fixée, d’après le journal Le Monde. Elle devrait avoir lieu en septembre, croit savoir Le Figaro. Ce qui signifierait que cette audition se profilerait quelques semaines avant la primaire socialiste, prévue les 9 et 16 octobre. Visiblement gêné par ce déballage, François Hollande a déclaré «qu’il n’accepterait aucune utilisation politique de ce dossier».