■ L’essentiel

Le Conseil fédéral a décidé de nouvelles mesures. Le port du masque sera obligatoire pour accéder aux espaces intérieurs de toutes les manifestations publiques et pour participer à toutes les activités sportives et culturelles en intérieur.

Les établissements qui le souhaitent, comme les discothèques, pourront limiter l’accès aux seules personnes vaccinées ou guéries.

A l’entrée en Suisse, les quarantaines obligatoires disparaissent dès le 4 décembre, mais des tests répétés sont obligatoires.

L’Allemagne a annoncé jeudi un confinement pour les personnes non-vaccinées et se prépare à introduire une obligation vaccinale.

 

Retrouvez notre suivi de la journée de jeudi.


■ Genève impose le port du masque à l'école dès la 5P

C'est une première pour le canton. Le Département de l’instruction publique genevois a annoncé vendredi l'obligation de porter le masque pour les élèves à partir de la 5P. Une information communiquée au personnel, mais pas à la population, indique le média Heidi.News.


■ Le canton de Vaud met «le paquet» sur la dose de rappel

Dans le canton de Vaud, Rebecca Ruiz salue les décisions du Conseil fédéral. «Le gouvernement a une fois de plus été à l’écoute des cantons. Ces mesures paraissent proportionnées dans la situation actuelle et cherchent à éviter des fermetures.» Quant à la question de la discrimination du statut dit 2G ou 3G, la conseillère d’Etat socialiste reconnaît que c’est une solution de dernier recours. «J’ai toujours dit que l’introduction d'un tel système devait arriver uniquement comme alternative à des fermetures complètes d’activités.»

Finalement, il est trop tôt pour affirmer si cette première vague de restriction sera suffisante pour freiner la pandémie. «Dans le canton de Vaud nous mettons le paquet pour que la troisième dose puisse être injectée le plus rapidement possible. Si dans une semaine nous nous rendons compte que les hôpitaux en arrivent à devoir faire du tri de patients en raison de la surcharge alors le Conseil fédéral n’aura d’autre choix que d’imposer de nouvelles mesures.»

Toutefois, contrairement aux derniers pics de la crise sanitaire, un fait important a évolué. «À l’époque il y avait des différences dans la charge hospitalière entre la Suisse romande et la Suisse allemande. Cette situation nous permettait de transférer des patients d’une région à l’autre du pays quand les hôpitaux étaient saturés. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, et la question du tri devient donc tout de suite beaucoup moins théorique.»


■ Thierry Wegmüller, président de l’association La Belle Nuit: «Nous sommes entre la peste et le choléra»

«Nous sommes entre la peste et le choléra avec, à la clé, le système 2G qui est la moins pire des solutions», commente le président de l’association de soutien au milieu nocture lausannois La Belle Nuit, qui rejette la solution du système 3G. «Pour nous, la seconde alternative est inimaginable. Elle serait synonyme de fermeture complète de nos établissements, car le masque n’est juste pas compatible avec le milieu de la nuit.»

Face à ces nouvelles restrictions, celui qui dirige aussi le D! Club espère que le secteur résistera. «Nous sommes conscients qu’avec ces mesures nous allons perdre environ 40% de notre clientèle. Il faut se dire que tout ça peut durer «que» jusqu’au mois de janvier. Alors il faut qu’on soit fort et qu’on tienne le coup pendant un mois et demi.»


■ Les autorités genevoises s’inquiètent du suivi de la levée des quarantaines

«Ces mesures vont dans le sens de ce que Genève a déjà introduit», souligne de son côté le Genevois Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de la population et de la santé. Les célébrations liées à la fête de l’Escalade, les 11 et 12 décembre, ne devraient pas être touchées mais le port du masque devrait être introduit pour le public. «Il s’agit d’une manifestation historique qui n’est a priori pas concernée par la règle des 300 personnes.»

Quant à la levée des quarantaines pour les touristes, le ministre se montre préoccupé par la logistique à déployer. «On nous dit que la responsabilité dépend du transporteur mais il faudra toute de même être vigilant et effectuer des contrôles, idem pour les nouveaux tests qui doivent être effectués entre 4 et 7 jours après l’arrivée», rappelle-t-il, soulignant que les équipes de traçage sont déjà débordées.


■ Le Valais soulagé par les annonces du Conseil fédéral

En Valais, Christophe Darbellay, chef du Département de l’économie et de la formation, se dit soulagé par la «sage décision» du Conseil fédéral de lever les quarantaines pour les touristes en provenance de l’étranger. «Dès lors que nos revendications ont été entendues, j’appelle désormais nos hôtes, d’ici ou d’ailleurs, à se conformer aux règles sanitaires en vigueur», plaide-t-il, balayant l’image d’un canton parfois laxiste comme avaient pu le laisser croire certains hôteliers de Zermatt, refusant de contrôler le certificat covid.

«Le Valais a été très strict dans l’application des mesures, mais aussi dans les sanctions à l’égard des contrevenants», rappelle-t-il. S’il juge les décisions du jour raisonnables, le ministre reconnaît qu’il faut s’attendre à une évolution de la situation. «On s’y adaptera tant au niveau des normes que des offres touristiques», déclare-t-il, le but étant pour lui de vivre une saison d’hiver «la plus normale possible».


■ Le professeur français Didier Raoult reçoit un «blâme»

Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU de Marseille, a été sanctionné d’un «blâme» par la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, chargée d’analyser deux plaintes déposées contre lui par ses pairs fin 2020.

Lire aussi: Didier Raoult, gourou des antivax, poussé vers la retraite

L’instance a publié cette sanction, la deuxième en importance après le simple avertissement, sans l’assortir des motivations de cette décision contre l’infectiologue marseillais de 69 ans. Il était reproché au Pr Raoult plusieurs infractions au code de déontologie médicale dans sa promotion de l’hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19, malgré l’absence d’effet prouvé aujourd’hui encore.


■ La simple «recommandation» du télétravail satisfait Travail. Suisse

Les employés ne seront pas obligés de travailler à domicile ni de divulguer s’ils sont vaccinés ou non, se félicite Travail. Suisse, après les mesures annoncées par le Conseil fédéral. Des mesures «modérées» sont nécessaires pour protéger le système de santé, selon la faîtière.

Le télétravail est «ambivalent» pour les travailleurs, indique Travail. Suisse dans un communiqué. «L’isolement social, le manque de place et les heures de travail à rallonge ne sont que quelques-uns des aspects négatifs.» Il faut donc une certaine flexibilité en fonction des possibilités et des besoins des salariés.

Travail. Suisse rappelle son opposition à l’utilisation du certificat covid sur le lieu de travail. Les données de santé, y compris le statut vaccinal, ne concernent pas les employeurs, selon elle. Des mesures différentes entre vaccinés et non vaccinés accentueraient en outre la division de la société et mèneraient à l’exclusion de certains employés. Il ne faut pas contribuer à cette division même si la vaccination reste centrale dans la lutte contre la pandémie, estime la faîtière des salariés.


■ Laurent Kurth, conseiller d’Etat neuchâtelois, salue des «mesures proportionnées»

A Neuchâtel, le conseiller d’Etat Laurent Kurth, chargé des Finances et de la Santé, salue le fait que le Conseil fédéral prenne des mesures au niveau national après avoir exhorté les cantons à réagir. Le passage de la stratégie des 3G à celle des 2G le satisfait également, même s’il la juge «à la limite de ce qui est acceptable pour la population». Des doutes subsistent néanmoins quant à la suppression des jauges de capacités.

«Tant qu’on n’a pas la certitude que le vaccin est efficace sur le nouveau variant, on ne devrait pas considérer la majorité des vaccinés comme immunisés», estime-t-il. Pas de quoi toutefois le faire basculer dans le tout sanitaire. «Les mesures actuelles sont proportionnées. Si on se met dans la seule logique d’éradiquer le virus, on tue l’économie», estime-t-il, saluant la bonne attitude du Conseil fédéral qui tente, entre autres, de préserver la cohésion de la société.


■ Premières réactions aux nouvelles mesures

Les mesures actuelles vont-elles suffire à contenir l’évolution de la pandémie? «Garder les lieux publics ouverts comporte un risque, les fermer aussi», estime le ministre jurassien Jacques Gerber, chef du département de la Santé, qui confie son inquiétude quant à une éventuelle surcharge hospitalière.

Si la situation se détériore, il est évident que la prochaine étape, ce sont des fermetures avec tout ce que cela implique en termes d’impact économique

Jacques Gerber, ministre jurassien de la Santé

Lors de la consultation, le ministre jurassien s’était opposé à une diminution de la validité des tests, préoccupé par un éventuel engorgement des laboratoires. «Le Conseil fédéral est revenu en arrière sur les tests PCR mais les antigéniques seront désormais valables 24 heures seulement, ce qui pose des questions», estime Jacques Gerber. Il salue en revanche l’abandon des tests répétés à l’école. «Le port du masque et des tests ciblés en cas de cas positif dans une classe suffisent pour l’heure à maîtriser les clusters», estime-t-il, tout en reconnaissant la nécessité de rester attentif à l’évolution de la situation.

Le président des Verts Balthasar Glättli se dit lui déçu des mesures annoncées par le Conseil fédéral. Il regrette que le gouvernement ait lâché du lest concernant l’obligation du télétravail et des tests dans les écoles. Les perspectives sont sombres pour les semaines à venir, alors que les unités de soins intensifs sont déjà saturées et que l’Allemagne a classé la Suisse parmi les pays à risques, indique Balthasar Glättli dans une déclaration écrite à Keystone-ATS. Il tient aussi pour responsables.


■ Extension du port du masque et du certificat covid dès lundi

Le Conseil fédéral, «estimant que la situation actuelle est très critique», a annoncé de nouvelles mesures sanitaires qui entreront en vigueur dès ce lundi 6 décembre.

Nous souhaitons maîtriser la situation avec les mesures les moins intrusives possible

Alain Berset

Certificat covid.
L’utilisation du certificat covid sera désormais obligatoire pour accéder aux espaces intérieurs de toutes les manifestations publiques et pour participer à toutes les activités sportives et culturelles d’amateurs en intérieur. L’exception en vigueur aujourd’hui pour les groupes fixes jusqu’à 30 personnes est supprimée. Par ailleurs, le certificat devient obligatoire pour les événements en plein air dès 300 personnes. Jusqu’à présent, la limite était fixée à 1000 personnes. Lors de rencontres familiales ou entre amis de plus de dix personnes de plus de 16 ans, le certificat est vivement recommandé.

Personnes non vaccinées ou guéries.
Tous les établissements publics et les organisateurs d’événements en intérieur ou en extérieur auront la possibilité d’introduire la règle dite des 2G (guéris et vaccinés) et d’interdire l’accès aux personnes seulement testées. L’obligation du port du masque sera alors levée. Cette mesure fait notamment suite aux réclamations des discothèques.

Pour les rencontres dans le cadre privé, c’est un appel à la responsabilité

Alain Berset

Port du masque.
«Le masque s’est révélé un moyen simple et peu coûteux d’empêcher la transmission du virus.» Il sera désormais obligatoire à l’intérieur partout où le certificat l’est aussi, à l’exception des rencontres privées.

Validité des tests.
Le Conseil fédéral a encore décidé de réduire la validité des tests rapides antigéniques de 48 à 24 heures. La validité des tests PCR reste, elle, fixée à 72 heures.

Entrée en Suisse.
Dès samedi 4 décembre, l’obligation de test sera renforcée pour entrer sur le territoire suisse. Les tests sont désormais imposés pour toutes les entrées dans le pays, puis un deuxième test, PCR ou antigénique, doit être effectué entre le quatrième et le septième jour après l’arrivée en Suisse. Par contre, la quarantaine est supprimée. Les frontaliers ne sont pas concernés par l’obligation de test.

Le Conseil fédéral a par ailleurs renoncé aux tests répétés dans les écoles.


■ La conférence de presse du Conseil fédéral


■ Pas encore de décès lié à Omicron signalé, selon l’OMS

Un porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, Christian Lindmeier, a déclaré vendredi à Genève n’avoir pour l’heure «aucune information rapportant des décès liés [au variant] Omicron».

Comme plus de pays font des tests pour tenter de détecter le nouveau variant, «nous aurons plus de cas, plus d’informations, et – bien que j’espère que non – possiblement des morts», a-t-il souligné.

Lire aussi: Pourquoi faut-il se méfier des hypothèses circulant sur Omicron?

L’OMS juge «élevée» la «probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial», même si de nombreuses inconnues demeurent: contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes.


■ Zurich veut un assouplissement des restrictions pour les voyageurs

Le gouvernement zurichois, l’aéroport de Zurich et la compagnie aérienne Swiss demandent que le Conseil fédéral assouplisse rapidement les restrictions de voyage liées au variant Omicron. Il faut renforcer les tests au lieu d’imposer systématiquement une quarantaine.

Le tourisme s’effondre à nouveau

Carmen Walker Späh

«Si vous devez passer dix jours en quarantaine, vous ne venez pas en Suisse pour les vacances de Noël», a déclaré vendredi la conseillère d’Etat zurichoise Carmen Walker Späh.

La Suisse a édicté les mesures les plus restrictives d’Europe, estime le directeur de l’aéroport de Zurich Stephan Widrig. Il propose de renforcer les tests plutôt que d’imposer systématiquement une quarantaine aux voyageurs. Le patron de la compagnie aérienne Swiss Dieter Wranckx est du même avis.


■ Au moins 17 cas présumés du variant Omicron après une fête à Oslo

Au moins 17 personnes sont suspectées à ce stade d’avoir contracté le variant Omicron après une fête la semaine dernière à Oslo, à l’issue de laquelle plus de la moitié des quelque 100 participants, pourtant tous vaccinés, ont été testés positifs au covid, a indiqué la municipalité.

«Jusqu’à présent, 60 personnes ont été testées positives avec un test PCR et quatre autres avec un test rapide», ont indiqué les services de la ville d’Oslo à l’AFP. «Dix-sept sont probablement (des cas du variant) Omicron mais pas encore confirmés. Jusqu’à présent, un cas d’Omicron a été confirmé par le séquençage». Entre 100 et 120 personnes, dont l’une s’était récemment rendue dans le sud de l’Afrique, s’étaient réunies dans un restaurant d’Oslo vendredi dernier.


■ Roche annonce des tests pour la recherche sur le variant Omicron

Roche a annoncé avoir mis au point trois tests destinés à la recherche sur le variant Omicron qui fournissent des outils pour différencier ses différentes mutations. Elaborés par sa nouvelle filiale TIB Molbiol, dont le géant pharmaceutique bâlois a récemment finalisé l’acquisition, ces tests fournissent aux chercheurs de nouveaux outils pour évaluer la circulation des variants mais aussi étudier leur potentiel impact sur les thérapies et vaccins, indique le groupe dans un communiqué.


■ Omicron avait déjà fait le tour du monde avant d’être découvert

Le variant Omicron du coronavirus avait déjà fait le tour du monde avant d’être découvert, affirme la virologue Emma Hodcroft dans un entretien diffusé par les journaux du groupe de presse CH-Media.

Il est parfaitement concevable qu’à l’avenir, les pays resteront prudents s’ils découvrent des mutations inquiétantes, après avoir vu comment d’autres ont été punis

Emma Hodcroft

«Lors de séquençages du virus, nous voyons toujours de nombreuses mutations, mais il n’est pas toujours clair si elles font d’un virus un nouveau variant», précise-t-elle. Dans le cas d’Omicron, un virologue de Londres a été le premier à attirer l’attention sur le fait que B.1.1.529 présentait un nombre inhabituellement élevé de mutations sur la protéine spike, raconte l’experte bernoise. Ce n’est qu’ensuite que les équipes de recherche ont commencé à creuser la piste et que l’équipe sud-africaine a trouvé un grand nombre de mutations.

Lire: Une constellation de mutations qui pose question

«Cela explique pourquoi des pays annoncent les uns après les autres qu’ils ont des cas d’Omicron, dont certains sont antérieurs à ceux d’Afrique du Sud», explique la virologue. Emma Hodcroft appelle à la prudence quant aux restrictions de voyage. «Il est parfaitement concevable qu’à l’avenir, les pays resteront prudents s’ils découvrent des mutations inquiétantes, après avoir vu comment d’autres ont été punis» pour les avoir révélées.


■ Propagation locale d’Omicron aux Etats-Unis

De premiers cas de transmission locale d’Omicron ont été signalés aux Etats-Unis et en Australie, aggravant les inquiétudes concernant le variant déjà dominant en Afrique du Sud et qui pourrait le devenir en Europe.

Aux Etats-Unis, cinq cas du variant Omicron ont été confirmés jeudi dans l’Etat de New York, un en Californie, un dans le Minnesota et un à Hawaï, portant à dix le total de cas confirmés pour l’instant dans le pays. Dans le Minnesota, la personne contaminée avait voyagé à New York mais ne s’était pas rendue à l’étranger. Et à Hawaï, le malade était non vacciné mais n’avait pas voyagé, montrant ainsi que le variant a commencé à se transmettre entre personnes à l’intérieur Etats-Unis.

L’Australie a pour sa part annoncé avoir détecté, à Sydney, un premier cas de variant Omicron chez un étudiant n’ayant pas voyagé à l’étranger. En Suisse, à Bâle, une personne qui n’a pas voyagé a également été testée positive au variant.


■ Risque de réinfection important avec Omicron

Le risque d’attraper une nouvelle fois le Covid-19 est accru avec le variant Omicron, selon une étude de scientifiques sud-africains, fournissant une première indication que ce variant est davantage capable de contourner l’immunité acquise par une infection que les variants précédents. Ces travaux se fondent sur l’analyse de 35 670 réinfections identifiées chez près de 2,8 millions d’individus ayant été testés positifs en Afrique du Sud.

«Le variant Omicron est associé à une capacité substantielle d’échapper à l’immunité d’une infection préalable», conclut l’étude, rendue disponible jeudi sur le site de pré-publication medRxiv, mais qui n’a pas été encore vérifiée par des pairs. «Nous n’avons pas d’information sur le statut vaccinal des individus dans nos données, et donc nous ne pouvons pas en tirer de conclusion sur la capacité d’Omicron à échapper à l’immunité induite par les vaccins», a toutefois averti sur Twitter Juliet Pulliam, de l’université sud-africaine Stellenbosch, et auteure principale de l’étude.